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Essai - Kia XCeed, ou quand la compacte passe au crossover

Le crossover XCeed, vient élargir la gamme la plus européenne de Kia, la famille Ceed, qui compte déjà une compacte, un break et un break de chasse.

Le crossover XCeed, vient élargir la gamme la plus européenne de Kia, la famille Ceed, qui compte déjà une compacte, un break et un break de chasse. - JB

Kia agrandit sa famille Ceed. Après la berline compacte, le break et le break de chasse, voici le crossover. Un joli cocktail design qui reprend des attributs de différentes catégories, auquel on ajoutera de bons points en confort de conduite et en équipements technologiques.

Conçue en Europe et pour l'Europe. C'est ainsi que l'on peut résumer la philosophie entourant la famille Ceed au sein de la gamme de Kia. L'an dernier, la marque coréenne nous avait présenté la dernière version de sa berline compacte Ceed, qui perdait son apostrophe et affichait surtout un bond qualitatif impressionnant par rapport aux précédentes générations. Ce modèle a depuis été décliné en break, ou Sport Wagon (SW), puis rapidement suivi en un surprenant "shooting break", reprenant l'appellation Proceed qui désignait jusqu'ici les versions 3 portes de la Ceed. Voici maintenant le crossover XCeed, le 4e modèle de la famille, à la croisée des chemins entre SUV, coupé et berline.

De gauche à droite, la berline compacte Ceed, le break Ceed SW,  le break de chasse Proceed... et le dernier-né le XCeed.
De gauche à droite, la berline compacte Ceed, le break Ceed SW, le break de chasse Proceed... et le dernier-né le XCeed. © JB

Mais pourquoi le Kia XCeed?

Avec ce XCeed (à prononcer à l'anglaise "ExCide"), Kia veut donner un peu plus de force à un nom qui doit encore séduire au niveau européen. Le choix d'un crossover, reprenant des ingrédients design de différentes catégories, apparaît ainsi plutôt judicieux pour toucher une cible familiale, en rappelant la carrosserie à la mode: le SUV.

Et Kia nourrit de fortes ambitions. Avec un objectif de 6000 ventes en France en 2020, le crossover pèserait pour la moitié des ventes de cette gamme Ceed. Signe encourageant, le break de chasse Proceed, pari design déjà osé, a su trouver son public avec 30% des ventes Ceed depuis le début de l'année, bien plus que la simple version SW, à seulement 14%. Grâce en particulier à cet effet "nouveautés", Kia se félicite de s'être hissé l'an dernier dans le top 10 des marques qui vendent le plus sur le marché français, avec 3% de parts de marché chez les particuliers, plus très loin de grands noms comme Fiat ou Opel.

Le XCeed affiche une position légèrement surélevée qui le place entre une berline et un SUV.
Le XCeed affiche une position légèrement surélevée qui le place entre une berline et un SUV. © JB

Au volant

En approchant de ce nouveau XCeed, on est bien face à un crossover, c'est à dire un patchwork de styles. On y retrouve ainsi des attributs de SUV, avec des jantes 18 pouces, des protections plastiques sur les passages de roues et une hauteur de caisse relevée, mais avec un arrière de coupé et son toit légèrement plongeant.

On peut également identifier la signature lumineuse de la famille, avec des phares qui forment un carré. La ressemblance avec la berline est moins saisissante. Le XCeed lui a simplement emprunté ses portières avant comme composant visible à l'extérieur. Résultat: un modèle réellement différent, et non pas une simple version surélevée de la Ceed ou de sa version SW. Pour souligner cette différence, nous avons opté pour un "Jaune équinoxe", une teinte exclusive au XCeed proposé dans onze autres coloris.

A l'intérieur, on retrouve d'ailleurs notre joli jaune sur de nombreux détails de la sellerie, sur les contre-portes et autour des aérateurs. Une couleur qui se marie parfaitement avec le noir de l'habitacle, pour apporter une touche sympathique. Cela renforce également l'impression de qualité à bord, avec un choix de matériaux cohérents et agréables à la vue comme au toucher. Bon point également: notre finition "Launch Edition" intègre le toit panoramique et ouvrant de série.

A l'intérieur du XCeed, Kia a fortement travaillé l'esthétique pour poursuivre sur sa lancée, das l'amélioration de la qualité perçue.
A l'intérieur du XCeed, Kia a fortement travaillé l'esthétique pour poursuivre sur sa lancée, das l'amélioration de la qualité perçue. © JB

Une fois le moteur démarré, ce XCeed fait rapidement démonstration de ses qualités. Nous avons opté pour le moteur essence 1,4 litre, développant 140 chevaux et associé à la boite automatique DCT7. Une puissance suffisante pour ce modèle annoncé à 1,3 tonne dans cette configuration, avec des passages de rapports très bien gérés. Avec un trajet réalisé à la fois en ville et sur voies rapides, notre consommation est ressortie à un peu plus de 8 litres aux 100, ce qui reste normal pour ce type de véhicules.

Ce XCeed mise aussi sur le confort avec notamment des suspensions à butée hydraulique, comme chez Citroën. Face aux dos d'âne et autres difficultés de la route, le crossover se débrouille comme un chef, même s'il ne faut pas non plus y voir un vrai baroudeur. Kia ne propose d'ailleurs pas de versions quatre roues motrices. 

Ingrédient également réussi dans cette nouvelle recette, les technologies d'aides à la conduite. Les différents capteurs et la caméra de recul rendent aisées les manoeuvres sur ce véhicule de 4,4 mètres. Le pack à 1000 euros, permettant d'accéder en particulier au régulateur de vitesse adaptatif, paraît aujourd'hui essentiel. Le suivi des lignes s'est en revanche montré moins convaincant, il reste donc à manipuler avec précaution.

Autre petit bémol, la présence d'un mode sport qui nous a semblé superflu. Certes, le véhicule affiche une silhouette dynamique mais on ne peut clairement pas parler de crossover sportif. Ses performances étant déjà intéressantes en mode normal, on aurait finalement préféré un mode "Eco" pour limiter un peu plus la consommation. 

Pour un XCeed plus "propre", il faudra compter sur une version hybride rechargeable, que Kia vient d'annoncer pour 2020. Seul problème: un volume de coffre considérablement réduit avec les batteries. De 426 litres, il passera en effet à 291 litres. Ce sera le prix, ou plutôt l'espace, à payer pour gagner en efficience et profiter d'un mode 100% électrique. 

Les compteurs numériques de ce Kia XCeed, en mode sport.
Les compteurs numériques de ce Kia XCeed, en mode sport. © JB

"LE" truc en plus: des compteurs numériques 

Le XCeed devient la première Kia à recevoir des compteurs numériques. Une touche technologique supplémentaire qui vient poursuivre les efforts de la marque coréenne en ce sens. Cet ajout lui permet de rester dans la bataille face aux constructeurs généralistes, de plus en plus nombreux à proposer ce "gadget". Les animations affichées sur cet écran sont joliment réalisées, et on a même le droit à une petite cinématique originale quand on coupe le contact (voir la photo ci-dessous).

Seul regret, le manque de possibilités de personnalisation. La vitesse, en affichage numérique, n'apparaît pas au centre du compteur de vitesse en mode normal, mais c'est bien le cas en mode sport. Elle pourra apparaître au centre des deux compteurs en mode normal, mais il faudra alors de passer du rappel des consignes du GPS ou de la consommation. Dommage de ne pas jouer sur cette possibilité. Mais ce compteur Kia numérique n'en est qu'à ses débuts.

Lorsqu'on coupe le moteur, une petite animation apparaît derrière les infos du dernier trajet.
Lorsqu'on coupe le moteur, une petite animation apparaît derrière les infos du dernier trajet. © JB

"LE" chiffre: 140

Comme le montant en euros du malus qui frappe notre XCeed d'essai. Une surtaxe qui reste donc limitée (pour l'instant, en attendant le barème du bonus-malus 2020), avec seulement 130 g/km de CO2 et qui ne vient pas trop grossir une facture total de 32.900 euros pour notre modèle d'essai. 

Un constat qui vaut pour la plupart des combinaisons motorisations/transmissions des XCeed vendus en France. Les diesel y échappent, avec seulement 35 euros pour le bloc 136 chevaux en boite automatique. Il faut tout de même compter un surcoût de 473 euros pour le moteur 1.4 essence de notre essai en boite manuelle, un argument supplémentaire pour passer à l'automatique. Cela réduit en effet la différence de prix entre une version à boite manuelle et une avec boite automatique de 1500 à 1167 euros malus compris, la version équipée de la boite automatique restant toujours un peu plus onéreuse.

A l'arrière du XCeed, on retrouve des phares effilés.
A l'arrière du XCeed, on retrouve des phares effilés. © JB

Notre modèle d'essai: Kia XCeed 1.4 T-GDI 140ch DCT7 finition Launch Edition à 31.900 euros, avec le pack d'options "système avancées d'aide à la conduite" (comprenant le régulateur adaptatif) à 1000 euros, et la peinture jaune équinoxe à 650 euros. Prix total: 33.640 euros

Julien Bonnet