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Comment la mairie de Paris veut contrôler et verbaliser les deux-roues trop bruyants

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Photo d'illustration - Justin Sullivan - AFP

La Ville s'est portée candidate pour expérimenter un radar permettant de contrôler automatiquement les nuisances sonores causées par les véhicules motorisés.

Après la voiture, la guerre est déclarée entre Paris et les deux-roues. Depuis la levée du confinement en mai, les Parisiens sont de sortie, et les nuisances sonores aussi. La mairie s'est équipée en septembre 2019 de plusieurs appareils pour mesurer les décibels des deux-roues circulant dans la capitale.

Parmi ces outils de mesure, un sonomètre de haute précision d'une valeur de 8000 euros est désormais utilisé par les agents de la ville pour verbaliser les scooters ou les motos jugés trop bruyants.

"Ça pèse beaucoup sur le quotidien des Parisiens, et cela peut entraîner des problèmes de santé", juge Nicolas Nordman, adjoint à la mairie de Paris en charge de la prévention, de la sécurité et de la police municipale interrogé par Le Monde.

Selon une enquête menée par le Crédoc pour Bruitparif en 2016, la circulation des motos et des scooters consitue la deuxième cause de nuisance sonore la plus citée par les Franciliens derrière les troubles du voisinage.

L'association a même publié une simulation visant à démontrer dans la capitale, la nuisance d'une moto débridée. Celle-ci peut, au cours d'un seul trajet parcouru la nuit dans Paris, réveiller plus de 10.000 persones, soit vingt fois plus qu'avec une moto bridée.

Bientôt la verbalisation possible grâce à un radar anti-bruit

Plus récemment, l'organisme créé avec le soutien de la région Île-de-France a publié en février 2019 un rapport d'étude sur l'impact sanitaire du bruit des transports dans les zones à forte densité de population dans la région. Selon l'association, le bruit cumulé des transports au sein de la zone dense francilienne fait perdre 10,7 mois de vie en bonne santé par individu.

La Ville de Paris s'est depuis portée candidate à l'expérimentation de radars sonores qui permettront des contrôles automatiques. Des radars, appelés "Méduse" et développés par Bruitparif, qui commencent à être déployés en Île-de-France notamment pour s'attaquer aux rodéos urbains. Cinq micros et une caméra à 360° pour identifier visuellement l'origine de la nuisance sonore.

L'expérimentation de ces radars est désormais possible sur deux ans depuis 2019. Une première étape avant qu'ils puissent être homologués et rendre ainsi possible d'ici 2022 la verbalisation des motards bruyants.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV