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Bientôt des éoliennes pour recharger les voitures électriques sur les grands axes

Kallista bornes recharge éoliennes

Kallista bornes recharge éoliennes - Kallista

L’énergéticien Kallista Energy veut installer d’ici à 2024 80 stations de recharge rapide maillant tout le territoire français. Des stations alimentées par des éoliennes.

Installer des éoliennes qui alimenteront des bornes de recharge rapide sur autoroute, c’est le projet de Kallista Energy. Fondé en 2005, ce producteur d’énergie renouvelable exploite actuellement vingt parcs éoliens en France.

Début juillet, Kallista Energy a annoncé sa volonté de lancer son propre réseau de bornes de recharge rapide pour les voitures électriques d’ici à 2024, en partenariat avec l’allemand Enercon. 

Deux éoliennes, 48 points de recharge

Kallista Energy prévoit l’installation de 80 stations sur tout le territoire, avec huit points de recharge minimum par station. Les puissances de recharge iront de 50 à 350 kW, "afin de recharger 300 kilomètres en 10 minutes", précise le dossier de presse. Deux éoliennes suffiront à alimenter chaque station.

"Chaque station peut être évolutive en fonction des besoins, nous explique Frédéric Roche, président de Kallista Energy. Nous profitons de la synergie avec le raccordement à haute puissance du parc éolien. Il existe une grande synergie industrielle entre la production d’énergie via des éoliennes et l’exploitation des bornes de recharge". 

A terme, une seule station pourrait proposer jusqu’à 48 points de recharge par station. Le maillage définitif n’a pas encore été dévoilé, mais Kalista vise le réseau autoroutier et les grands axes.

Il manque des bornes de recharge rapide sur autoroute

Le passage du métier de producteur d’énergie à celui de fournisseur d’électricité pour les véhicules électriques vient d’une expérience de terrain. 

"Notre approche est clairement tournée vers la technologie mais aussi vers le service-client, poursuit Frédéric Roche. Nous nous sommes basés sur l’expérience de nos collaborateurs. Avec des bornes en panne, indisponibles, réaliser des trajets longs en voiture électrique est difficile, cela relève du challenge."

En France aujourd’hui, à côté du réseau des superchargeurs Tesla dédiés à cette marque, la désactivation d’une grande partie du réseau Izivia (ex-Corri-Door) amène les utilisateurs à se rabattre sur Ionity, le réseau auquel ont adhéré les constructeurs premium allemands ainsi que Hyundai et Ford. Ouvert à tous, le réseau propose cependant des tarifs préférentiels à ses abonnés. Et fait grimper les prix pour les utilisateurs extérieurs ce qui peut dissuader certains utilisateurs. 

Demain l’hydrogène? 

Kallista Energy veut donc se positionner comme un troisième acteur non-propriétaire sur ce marché des bornes haute puissance installées sur les grands axes. Si les tarifs n’ont pas été dévoilés, Frédéric Roche évoque un plein d’électricité moyen autour des 15 euros, soit autour des 30 centimes le kWh. Mais aussi un paiement facilité, sans avoir forcément besoin d’une carte dédiée au réseau. "On peut imaginer des systèmes de lecture de plaque ou des paiements via le smartphone", précise Frédéric Roche. 

Le président de Kallista Energy anticipe déjà le coup d’après. Les stations pourront disposer d’une unité de production d’hydrogène, pour recharger aussi ce type de véhicules si cette motorisation vient à se développer. 

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto