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A Paris, les trottinettes en libre-service ont désormais leurs bornes de recharge

Des bornes de recharge fixes pour les trottinettes électriques en libre-service sont testées à Paris depuis ce mercredi.

Des bornes de recharge fixes pour les trottinettes électriques en libre-service sont testées à Paris depuis ce mercredi. - Charge

La société Charge teste à partir de ce mercredi des bornes de recharge fixes pour trottinettes électriques à Paris.

A côté des bornes de recharge des Velib’ ou de celles pour les voitures électriques, de nouvelles bornes font ce mercredi leur apparition à Paris: des bornes de recharge pour les trottinettes électriques en libre-service.

La Mairie de Paris a en effet signé une convention avec la start-up américaine Charge pour déployer et tester quatre stations dans l’hyper-centre de la capitale pendant un an. Ces stations-test sont installées dans le 4e arrondissement: 10 rue Pernelle, 87 rue de l'Hôtel de ville et 17 rue Geoffroy L'Angevin. Une quatrième sera aussi bientôt installée rue Renard. Conclu en fin d’année, ce partenariat devait débuter au printemps mais le confinement a retardé la mise en place de ces bornes d’un nouveau genre.

Des trottinettes bien rangées à leurs bornes

"Notre système permet à la fois de recharger les trottinettes, en moyenne en 3 heures pour une recharge complète. Il permet ensuite d’éviter que les trottinettes traînent partout sur le trottoir, car les utilisateurs termineront leur course en les branchant sur les bornes", nous explique Noah Khamallah, vice-président de Charge et ex-dirigeant de VOI et Lime.

Le système de Charge est compatible avec 90% des opérateurs de trottinettes électriques en libre-service, à partir du moment où ils intègrent le système d’exploitation de Charge dans le leur. Pour le moment,dans la phase d'expérimentation, seuls Bla-Bla Ride et Circ ont accepté de bénéficier de cette nouvelle infrastructure. Comme l’expliquait le quotidien Les Echos en novembre, Charge se rémunère via une commission perçue sur chaque recharge, alors qu’il payera une redevance pour occupation de l’espace public à la Mairie de Paris.

Chaque station peut accueillir entre 6 et 12 trottinettes, soit souvent autant que les flottes stationnées par chaque opérateur sur les emplacements dédiés matérialisés par la Mairie de Paris. Le déploiement d’une station peut être rapide car elle n’est pas directement branchée sur le réseau électrique. Des batteries lithium-ion y sont installées pour recharger les trottinettes et doivent donc être régulièrement rechargées elles aussi, tous les trois ou quatre jours.

Chaque station est à 90% recyclable, promet Charge, qui les approvisionne en électricité verte. Comme pour les opérateurs de trottinettes, réussir à Paris est crucial pour Charge, la capitale française étant devenue le laboratoire mondiale de ce nouveau secteur. L’un des plus gros challenges de la start-up, au-delà de la technologie, reste le vandalisme.

Quatre stations comme celle-ci installée 87 rue de l'Hôtel de Ville vont être testées pendant un an.
Quatre stations comme celle-ci installée 87 rue de l'Hôtel de Ville vont être testées pendant un an. © Charge

Assouplir la logistique des opérateurs

Si pour les citadins, ces nouvelles stations doivent assurer une cohabitation sereine entre conducteurs de trottinettes et autres usagers de la rue, elles doivent aussi assouplir la logistique pour les opérateurs. "Cela va rationaliser les opérations et limiter la logistique autour des trottinettes pour pérenniser ce business-model", poursuit Noah Kamallah.

Ce qui fera aussi évoluer le métier de "juicer". Certains de ces employés dont le métier consistent à recharger les trottinettes ont déjà été salariés par les opérateurs. Demain, avec les bornes, leur tâche se concentrera sur le repositionnement des trottinettes aux endroits où la demande est la plus forte ou à leur entretien.

Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto