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Airbag moto: le dernier rempart pour protéger son corps en cas d'accident

"L'air c'est la vie, à moto aussi"; la Sécurité Routière lance une campagne de sensibilisation pour inciter les motards à s'équiper d'un gilet AirBag. Cet équipement, déjà adopté par la police, la gendarmerie et de nombreuses moto écoles diminue le risque de blessures graves, voire mortelles.

Pour convaincre les motards de porter un gilet airbag sans les contraindre à le faire, la Sécurité Routière adopte une méthode homéopathique. Après un première campagne à Noël, elle vient d'en lancer un seconde avec cette fois du renfort. Les assureurs, les écoles de formation, les constructeurs de deux-roues (motos et scooters), les réparateurs et bien sûr, les accessoiristes ont signé une "charte airbag" pour inciter les motards et les scootéristes à le porter.

Les vendeurs de motos suggéreront de s'offrir un airbag lors de l'achat d'une moto neuve ou d'occasion, les assureurs feront "la promotion de son usage auprès de leurs assurés par tout moyen en fonction de leurs choix stratégiques". Les motos écoles équiperont les élèves et leur proposeront des bons de réduction pour s'équiper.

Moins de 5% des motards et scootéristes

Cet équipement qui a longtemps été réservé aux motards très prudents ou très riche, se démocratise. Il est conçu pour absorber les chocs au niveau du thorax, de l’abdomen et de la colonne vertébrale. Il peut s’avérer très efficace en cas de chute (glissade suite à perte de contrôle) ou de collision avec un autre véhicule. Actuellement, moins de 5% des motards et scootéristes en portent un.

"Nous ne voulons pas obliger à s'équiper", nous a expliqué Emmanuel Barbe, délégué interministériel de la Sécurité Routière. "Mais nous continuerons à inciter à le faire car cet équipement a fait ses preuves en cas d'accident en diminuant les dommages corporels graves et les décès", poursuit-il en signalant qu'il ne monte plus sur sa moto sans porter le sien. 

Preuve de son efficacité, les motards des forces de l'ordre (police, gendarmerie, douanes) l'ont définitivement adopté et le portent lors de leur mission et à l'entraînement.

"C’est lors des entraînements durant lesquels les motos et les hommes sont poussés dans leur retranchement que les blessures sont les plus fréquentes. Avec les airbags, les plus graves ont été divisées par cinq", indique le lieutenant-colonel David Debiais, patron du Centre national de formation à la sécurité routière (CNFSR) de Fontainebleau.
Les deux-roues représentent 2% du trafic, 44% des accidents graves et 21% des tués
Les deux-roues représentent 2% du trafic, 44% des accidents graves et 21% des tués © Sécurité routière
Pour la société Hit Air, le message doit passer chez les jeunes permis. "On va équiper une quinzaine de moto écoles et voir si les jeunes permis qui ont appris en le portant s'en équiperont par la suite", nous a expliqué Sébastien Bouillot, dirigeant de l'entreprise. 

Et pour que tous les motards trouvent l'airbag qui leur faut, les fabricants ont créé des modèles adaptés au style de chacun. Helite propose un modèle en cuir à porter sur un blouson. Spidi a créé une version pour les roadtrip avec une dorsale intégrée si l'on ne peut pas regonfler rapidement son gilet. Ixon a dans son catalogue un modèle connecté qui se porte sous une combinaison. Sans oublier que désormais, des blousons de cuir et vestes textiles, pour hommes et femmes, sont équipés d'airbag. 

Reste désormais à convaincre les motards d'investir au moins 500 euros dans cet équipement. Et lorsqu'il s'est déclenché, il faut changer la cartouche de gaz qui coûte un vingtaine d'euros. Il est conseillé d'en avoir une de rechange avec soi.

"C'est cher, oui, mais un airbag coûte moins qu'un pot d'échappement dernier cri et c'est plus utile", signale Emmanuel Barbe qui plaide pour une prise de conscience de la sécurité sur deux-roues.

Pour le délégué, il ne s'agit pas d'être anxiogène mais d'une part de faire prendre conscience que la moto est une activité à risque, et d'autre part à rassurer les proches des motards en leur montrant que bien équiper, les risques sont moindres. 

Actuellement, les seuls équipements obligatoires, pour le pilote et son passager, sont le casque et les gants.

"Il est quand même fortement conseillé de protéger les autres parties du corps", ajoute le représentant du gouvernement. D'ailleurs, si le port de bottes, d'une dorsale ou d'un blouson ou d'un pantalon avec protection n'est pas obligatoire, des normes ont été établies pour guider les acheteurs.

Les signataires de la charte airbag se réuniront au cours fin 2019 pour faire un bilan de l'action et étudier la possibilité de reconduire le plan.

les signataires de la charte airbag

Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière

Bernard Spitz, président de la Fédération Française de l'Assurance

Patrick Jacquot, président de l'association Attitude Prévention (et aussi président de la Mutuelle des Motards)

Patrice Bessone, président du CNPA (Conseil National des Professions de l'Automobile) métiers "éducation routière et professions connexes"

Jean-Luc Mars, président de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle), branche deux-roues motorisés

Nadine Annelot, présidente du CNPA filière nationale du commerce et de la réparation du cycle et du motocycle

Patrick Mirouse, président de l'UNIDEC (Union Nationale Intersyndicale des Enseignants de la Conduite)

Philippe Colombani, président de l'UNIC (Union Nationale des Indépendants de la Conduite)

Philippe Vassard, président du Groupement des Professionnels de l'Airbag Moto

Jacques Bolle, président de la Fédération Française de Motocyclisme

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco