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YouTube, un terreau favorable aux climato-sceptiques, dénonce une ONG

YouTube a orienté des millions d'usagers vers des vidéos niant le changement climatique, a accusé jeudi une ONG américaine. L'association appelle à mettre fin à la "promotion gratuite de la désinformation" sur la plateforme.

Seize pour cent des 100 vidéos les plus regardées sur YouTube en rapport avec le terme "réchauffement climatique" contiennent des informations erronées. Telle est l'une des conclusions avancées par l'ONG Avaaz dans un rapport du 16 janvier. Sur la célèbre plateforme de partage de vidéos, et sur le même thème, les 10 vidéos les plus regardées ont été visionnées en moyenne plus d'un million de fois chacune, est-il également souligné. Selon l’enquête, il s’agit de la partie émergée de l’iceberg, les algorithmes de recommandation de YouTube étant responsables de près de 70% du temps total passé par les utilisateurs sur la plateforme.

Faire remonter les sources fiables

En réponse, YouTube a assuré faire son maximum pour mettre en avant les sources faisant autorité et afficher des encadrés sur les recherches liées au changement climatique. En revanche, la plateforme de partage de vidéos appartenant à Google a défendu sa position: il reste hors de question de censurer les contenus ne contrevenant pas à ses règles, et n'étant ainsi ni haineux, ni violents. 

"Nos systèmes de recommandations ne sont pas conçus pour filtrer ou rétrograder des vidéos ou des chaînes en fonction de points de vue spécifiques", a fait valoir YouTube, interrogée par l'AFP. Le groupe a rappelé avoir "investi de manière significative dans la réduction des recommandations de contenu problématique et de désinformation, et dans l'augmentation de sources reconnues".

Avaaz a expliqué avoir dépouillé les résultats de recherches effectuées sur YouTube en utilisant les termes "réchauffement climatique", "changement climatique" et "manipulation du climat" pour voir quels contenus supplémentaires proposait la plateforme (bouton "Up Next" et barre de suggestions). La proportion de vidéos potentiellement trompeuses a grimpé à 21% pour le terme "manipulation climatique" mais est tombée à 8% avec l'intitulé "changement climatique", a précisé l'ONG, qui agrège des pétitions sur sa plateforme et revendique de "permettre aux citoyens de peser sur les décisions politiques mondiales".

Des vidéos à démonétiser

Une recherche AFP sur YouTube avec le terme "réchauffement climatique" a néanmoins donné une page de résultats surmontée d'un encadré contenant un résumé Wikipédia du sujet et un lien vers la page de l'encyclopédie en ligne. La liste des vidéos suggérées sur le sujet était dominée par des sources telles que National Geographic, NASA, TED et les principaux organismes de presse, notamment CBS, PBS, Sky News et AFP.

La demande d'Avaaz vis-à-vis de YouTube est simple: retirer toute vidéo de désinformation sur le changement climatique de ses recommandations et s'assurer que ces contenus ne gagnent pas d'argent avec les publicités. L'association souhaite également que YouTube collabore avec des fact-checkeurs et affiche des avis de correction sur les vidéos contenant de fausses informations sur le changement climatique.

Selon Avaaz, YouTube a automatiquement placé des publicités sur certaines des vidéos contestées, permettant au service et aux créateurs de contenu de gagner de l'argent. Cela pourrait s'appliquer aux vidéos d'actualité exprimant des aspects divergents du débat sur le changement climatique.

YouTube fournit déjà aux annonceurs des systèmes permettant de refuser que leurs publicités ne soient affichées avec certains types de contenu, comme le discours sur le changement climatique.

Samsung, L'Oréal, Danone ainsi que les groupes de défense de l'environnement Greenpeace et Friends of the Earth ont fait appel à YouTube pour freiner la désinformation sur le climat, a déclaré Avaaz. 

E.T. avec AFP