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Un compte Twitter qui copiait les tweets de Donald Trump suspendu en trois jours

Donald Trump

Donald Trump - Fabrice Coffrini - AFP

Pour voir si Donald Trump bénéficiait d'un traitement de faveur de la part de Twitter, un utilisateur a reproduit tous les faits et gestes du Président américain. En 68 heures, son compte a été suspendu.

Depuis une semaine, Donald Trump s’est lancé dans un bras de fer avec Twitter, qui a pris des sanctions à l’encontre de deux de ses tweets, notamment pour “glorification de la violence”. Un internaute a voulu voir si le Président américain bénéficiait d’un traitement de faveur en raison de sa posture. 

Il a reproduit pour cela tous les faits et gestes de Donald Trump sur Twitter à partir du vendredi 29 mai, raconte le média américain Mashable. Ce “citoyen américain”, qui préfère garder l’anonymat, a publié les mêmes messages, "liké" les mêmes tweets et partagé les mêmes contenus sur un compte créé pour l'occasion: “SuspendThePres”

“Je voulais voir par moi-même s’il violait les conditions d’utilisation de Twitter”, a expliqué le propriétaire du compte à Mashable.

Un seul tweet, deux sanctions 

Le couperet n’a pas tardé à tomber. Soixante-huit heures après la publication de son premier tweet, le compte a été suspendu pour avoir violé les règles de la plateforme concernant la violence. En cause, le tweet dans lequel Donald Trump indique que “quand les pillages commencent, les tirs aussi”.

Un message qui n’a pas valu au Président américain de voir son compte suspendu. Le tweet en question n’a même pas été supprimé, Twitter accordant une dérogation aux personnalités sont les publications sont, selon l'entreprise, "d'intérêt public". Un avertissement a simplement été ajouté pour prévenir les utilisateurs qu’il allait à l’encontre des règles de Twitter.

De son côté, “SuspendThePres” a été invité à supprimer la publication et à attendre 12 heures avant de pouvoir récupérer son compte. 

“Dans le cas bien précis des leaders mondiaux, Twitter fait valoir que leur contenu doit pouvoir être consulté afin de favoriser l’intérêt national. Je ne suis pas en désaccord avec cette affirmation, mais je pense que nous devrions savoir si ce contenu violerait les règles de la plateforme s’il était publié par quelqu’un d’autre”, s’est justifié auprès de Mashable le créateur du compte.

Alors que les plateformes évitaient jusque-là de s’en prendre à Donald Trump, elles sont désormais confrontées à l’obligation de gérer la désinformation politique pendant la campagne. Le Président américain a rapidement réagi et menacé de fermer Twitter. De son côté, Facebook a justifié de ne pas avoir pris de mesures par la voix de son PDG Mark Zuckerberg. 

“Je sais que beaucoup de gens nous en veulent de ne pas avoir modéré les publications du Président, mais nous pensons que nous devons permettre toute expression tant qu’elle n’implique pas de risque imminent” a-t-il expliqué.

Depuis, plusieurs salariés du réseau social ont fait part de leur désaccord avec cette politique. 

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech