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Tinder et Pokémon Go, inattendus moyens de communication des manifestants hongkongais

Alors que les autorités serrent la vis sur les services de communication, les Hongkongais optent pour des moyens détournés. La mégapole traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 par Londres.

Pour passer sous le radar des autorités, les manifestants hongkongais semblent rivaliser d'inventivité. Afin de communiquer, certains s'en remettent à des applications et services en apparence inoffensifs et hors de propos: l'application de rencontres Tinder, le jeu à succès Pokémon Go ou encore l'outil de partage de fichiers d'Apple, AirDrop, relève le média en ligne Abacus.

Pour diffuser des informations au sujet des prochains rassemblements et opérations de blocage ou encore donner des points de rendez-vous, les fonctionnalités qui ont fait le succès de ces services respectifs sont mises à profit. Ainsi du fait de pouvoir faire défiler des profils sur Tinder, en fonction de sa géolocalisation. Aux profils classiques de rencontres, s'entremêlent à Hong Kong des comptes dédiés à la diffusion d'informations. Ces dernières sont bien souvent incluses aux images qui servent en temps normal à faire apparaître une personne sous son meilleur jour.

Les manifestants se servent également de Pokémon Go, mais d'une tout autre manière, visiblement plus risquée. Le jeu à succès sert d'alibi aux personnes arrêtées par les autorités pour justifier leur présence dans les rues. Pokémon Go propose en effet à ses utilisateurs d'attraper des créatures en réalité augmentée autour de soi, en se déplaçant. Il fonctionne dans tous les endroits du monde. 

Enfin, AirDrop remplit sa fonction principale: faciliter le partage de messages, de photos et de vidéos entre détenteurs d'iPhone, Mac et iPad se trouvant alentour. Le service est notamment connu pour avoir été détourné par des exhibitionnistes. S'il est bien sûr possible de refuser un fichier envoyé par AirDrop, la notification qui s'affiche à l'écran est suffisamment grande pour voir distinctement la photo. A Hong Kong, le service sert en l'occurrence à distribuer des tracts virtuels, notamment ceux appelant à une grève générale. 

Les manifestants hongkongais sont loin de bouder des moyens de communication plus classiques: LIHKG, une déclinaison locale du forum Reddit, la plateforme de streaming en direct Twitch ou encore l'application de messagerie chiffrée Telegram trouvent leur place dans leurs rassemblements. Les forces de l'ordre ont néanmoins progressivement accordée une vigilance accrue à ces différents services. Telegram a notamment fait l'objet de nombreuses pannes ces dernières semaines, à la suite de cyberattaques répétées. Le fondateur de l'application y voit la main des autorités chinoises, rapportait The Next Web

En 2014 déjà, les manifestants pro-démocratiques hongkongais avaient eu recours à une application alternative, pour pallier les surcharges de réseau et les coupures d'Internet opérées sur le territoire. Firechat, conçue par le Français Micha Benoliel, permettait d'échanger des messages sans connexion Internet ni couverture téléphonique, en se rabattant sur une norme de communication connue de tous: le Bluetooth. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech