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Sur ces sites français, refuser les cookies ne suffit pas à ne plus être tracé

Plusieurs sites font l'objet d'une plainte auprès de la CNIL pour "dépôt illégal de cookies".

Plusieurs sites font l'objet d'une plainte auprès de la CNIL pour "dépôt illégal de cookies". - Free-Photos/ Pixabay

Les sites de CDiscount et AlloCiné font l'objet d'une plainte auprès de la CNIL, pour violation de la législation européenne sur la protection des données.

Ils sont accusés de transformer le rejet clair des cookies par leurs visiteurs en "faux" consentement. Les sites français CDiscount et AlloCiné, mais également celui de Vanity Fair font l'objet d'une plainte déposée ce 10 décembre auprès de la CNIL

En tout, le centre européen pour la défense des droits numériques, aussi connu sous le nom de NOYB (None Of Your Business) a déposé trois plaintes distinctes, contres six entreprises. L'organisation, fondée par l'autrichien Max Schrems, qui avait fait comparaître Facebook devant la Cour européenne, explique avoir identifié un dépôt illégal de cookies sur les pages de ces sites.

"Les sites CDiscount, AlloCiné et Vanity Fair transforment un clair rejet des cookies en "faux" consentement", dénonce l'association dans un communiqué. Pour rappel, les cookies, ou traceurs, permettent de suivre l'activité d'un internaute et son parcours en ligne, pour optimiser et personnaliser les contenus affichés. 

Un oui pour un non

"Bien que les utilisateurs se sont donnés la peine de s’assurer que tous les innombrables cookies qui leurs étaient proposés étaient désactivés sur le site de vente en ligne CDiscount, le guide de cinéma Allociné et le magazine de mode Vanity Fair, ces pages Internet ont signalé à des centaines de sociétés spécialisées dans le ciblage publicitaire que ceux-ci avaient accepté qu’elles suivent leur activité en ligne", relève NOYB, en dénombrant jusqu'à 565 "faux" consentements par utilisateur. Les données récoltées sont par la suite envoyées à des acteurs publicitaires et sociétés de ciblage tels que Facebook, AppNexus et PubMatic. 

D'après NYOB, ces pratiques contreviennent à la législation européenne sur la protection des données personnelles. Sur chaque site visité, le consentement à l'utilisation de cookies se doit en effet d'être libre, spécifique, et éclairé. 

"Il est aberrant de constater que des sites internet remplacent simplement un rejet à l'installation de cookies par un accord dans le simple but de vendre nos données. Nous espérons que la CNIL agira rapidement afin de faire cesser ces pratiques", tranche NOYB. Les groupes visés risquent théoriquement une amende plafonnée à 4% de leur chiffre d'affaires annuel mondial, conformément au Règlement européen sur la protection des données personnelles
https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech