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Suisse: une récompense de 130.000 euros pour pirater le système de vote électronique

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- - ROB KIM GETTY IMAGES NORTH AMERICA AFP

La Suisse a lancé jeudi un défi aux hackers qui réussiront à pirater sa nouvelle génération de système de vote électronique, avec à la clé une récompense totalisant 150.000 francs suisses (environ 132.000 euros).

Du 25 février au 24 mars, un faux scrutin sera organisé par la Chancellerie fédérale suisse. Le but: mettre les nouvelles infrastructures démocratiques à l’épreuve. Les hackers sont invités à tenter de pirater le système de vote électronique, mis en place dans le pays. Un portail a été créé pour l’occasion. Ils pourront "tenter de manipuler des suffrages, de lire des suffrages exprimés, de violer le secret du vote et de mettre hors-service ou de contourner les dispositifs de sécurité qui protègent aussi bien les suffrages que les données inhérentes à la sécurité", précisent les autorités dans un communiqué transmis à l’AFP.

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Le “bug bounty”, une pratique très répandue

Dans les faits, il s’agit donc d’un “bug bounty”, un programme mis en place par de nombreuses entreprises à travers le monde. Le principe est de proposer une récompense financière à ceux qui sont capables de pirater une infrastructure informatique, pour permettre d’améliorer cette dernière. En mai 2018, Google avait ainsi versé 36.000 euros à un uruguayen de 17 ans, qui avait découvert une faille de sécurité dans les systèmes internes de l’entreprise.

Dans le cadre du test mené en suisse, le gros lot, de 50.000 francs suisses (44.000 euros), reviendra à celui qui parviendra à manipuler des suffrages de façon indétectable. Violer le secret du vote sera récompensé par 10.000 francs suisses, tandis que celui qui détruira l'urne électronique remportera 5.000 francs suisses. Les autorités entendent par cet appel s'assurer de la sécurité du système de vote électronique.

Plus de 300 essais réussis

Régulièrement sollicités par des référendums et des initiatives populaires qui forment le socle de la démocratie suisse, les électeurs helvétiques préfèrent voter dans leur très grande majorité plusieurs semaines à l'avance par correspondance et de plus en plus par courrier électronique, bien que quelques bureaux de vote soient ouverts pendant quelques heures les jours de scrutin.

Le vote électronique en Suisse est en phase d'essai depuis 2004 dans certains cantons, ces derniers étant responsables de l'organisation des scrutins. Depuis lors, un total de 15 cantons ont permis à une partie de leurs électeurs de voter par voie électronique lors de plus de 300 essais réussis, selon Berne.

Actuellement, 10 des 26 cantons proposent encore le vote électronique en phase d'essai. Mais le gouvernement a lancé fin 2018 une procédure en vue de mettre fin à cette phase d'essai et de "faire du vote électronique le troisième canal de vote". Cette procédure devrait durer au moins deux ans.

Raphael Grably avec AFP