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Un État américain prêt à mettre en place le vote sur smartphone

Le vote sur smartphone sera réservé aux troupes déployées à l'étranger.

Le vote sur smartphone sera réservé aux troupes déployées à l'étranger. - MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L'État de Virginie prévoit de mettre en place le vote sur smartphone pour les élections de mi-mandat, qui se dérouleront en novembre 2018. Cette possibilité sera réservée aux troupes déployées à l'étranger.

Aux États-Unis, le smartphone sert à tout mais pas encore à voter aux élections. Certains citoyens de Virginie-Occidentale pourraient néanmoins choisir leurs représentants au Congrès depuis une application mobile, lors des élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre 2018, rapporte CNN.

Cette première aux États-Unis sera réservée aux militaires de l'Etat de Virginie-Occidentale déployées à l'étranger, pour leur permettre de voter plus facilement. Les autorités fédérales devront se prononcer définitivement sur l'utilisation de cette application mobile d'ici novembre. 

Ses utilisateurs devront s’enregistrer en prenant une photo de leurs documents d’identité et une vidéo de leur visage, à télécharger dans l’application. L’entreprise à l’origine de ce nouveau service, Voatz, assure que leur logiciel de reconnaissance faciale sera à même de faire le parallèle entre les deux documents pour identifier à coup sûr le citoyen concerné.

Des votes exposés au piratage informatique

La start-up sollicitée pour organiser ces votes en ligne s'en remet à la blockchain pour anonymiser et enregistrer les votes. Cette technologie permet de transmettre et de garder en mémoire des informations -en l'occurrence des votes- en toute transparence et sécurité, sans organe central de contrôle.

En l'occurrence, Voatz contrôle la base de données des votes, faisant perdre tout son intérêt à la blockchain, note néanmoins Kevin Beaumont, expert anglais en cybersécurité.

"Le vote sur mobile est une très mauvaise idée", note auprès de CNN Joseph Lorenzo Hall, directeur des nouvelles technologies au sein du Center for Democracy and Technology de Washington D.C. "Il s'agit de faire voter les gens en ligne sur des appareils et réseaux très peu sécurisés, et sur des serveurs très difficile à sécuriser sans une preuve papier du vote", ajoute-t-il.

Ces arguments reviennent régulièrement pour pointer du doigt les risques du vote électronique. En mars 2017, et à trois mois des législatives, un niveau de menaces "extrêmement élevé" de cyberattaques a été invoqué pour acter le retrait du vote électronique pour les Français de l'étranger. Interviewé par le Huffington Post, Matthias Fekl, alors secrétaire d'État, avait évoqué la crainte d'"annulations de l'élection" ou d'un "doute sur la sincérité du scrutin tout entier", en cas d'attaques informatiques.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech