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Saboter les câbles sous-marins, la nouvelle arme fatale des Russes ?

Un câble sous-marin opéré par Orange.

Un câble sous-marin opéré par Orange. - Orange

Les Américains s’inquiètent de l’augmentation du trafic naval russe à proximité de câbles stratégiques. Plus que l’espionnage, ils redoutent des actes de malveillance qui pourraient paralyser les communications.

En octobre 1971, les Américains découvrent au nord du Japon un câble sous-marin utilisé par les forces nucléaires soviétiques. Une mine d’or pour les Etats-Unis qui ont ainsi pu exploiter une partie des secrets de l'ennemi en écoutant ses communications.

Malgré la fin de la guerre froide, les deux pays se livreraient toujours bataille concernant ce type d'infrastructures stratégiques. Le New York Times révèle en effet que les Etats-Unis soupçonnent fortement la Russie de Poutine de se préparer à endommager, si besoin, des câbles à fibre optique utilisés pour le commerce et les communications mondiales.

Les services de renseignement américains ont constaté en effet une augmentation considérable du trafic naval russe le long de plusieurs câbles majeurs pour les communications mondiales. Rappelons que leur tracé est connu du grand public et répertorié dans des cartes. Le phénomène serait tel que la Norvège aurait demandé à ses alliés de l’OTAN de l’aider à suivre ces bateaux suspects. Plus inquiétant, les Etats-Unis pensent que le navire de recherche océanographique russe Yantar est en réalité un navire espion capable de couper des câbles. Or, il a justement été repéré par des satellites américains le mois dernier s’attardant longtemps au large de la côte Est et en direction de Cuba.

Carte des câbles sous-marins
Carte des câbles sous-marins © Telegeography

Un moyen dissuasif en cas de conflit

Ce phénomène coïncide avec l’engagement de la Russie en Ukraine orientale, en Crimée et en Syrie. Ce que redoutent les Américains: un sabotage en eaux profondes et loin des côtes. Les dommages seraient ainsi difficiles à repérer et à réparer en quelques jours comme c’est le cas actuellement lorsque l’ancre d’un navire rompt accidentellement un câble. Si l’emplacement des câbles spéciaux est tenu secret, il est probable que les Russes tentent actuellement d’en percer le mystère. En cas de tension ou de crise diplomatique, ce serait une arme de dissuasion massive supplémentaire à disposition des Russes qui ne jurent plus que par la guerre "hybride", c’est-à-dire le recours à des moyens non militaires en plus d’armes traditionnelles.

En l’occurrence, neutraliser certains câbles permettrait d’enrayer le processus de prise de décision de l’OTAN mais aussi de perturber les transactions financières. Selon le New York Times, les câbles sous-marins achemineraient aujourd’hui plus de 95 % des communications quotidiennes mondiales.

Amélie Charnay