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Propos haineux en ligne: l’Europe menace les géants du Net

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Six mois après la signature d’un code de conduite visant à encourager Facebook, Google et les autres à retirer les propos haineux, racistes du Net, la Commission européenne agite la menace législative pour accélérer les efforts.

Hier, dimanche 4 décembre 2016, la Commission européenne a averti les géants du Net et de la high tech, tels que Facebook, Google ou encore Microsoft, qu’ils devront réagir plus rapidement contre les discours racistes et les propos haineux en ligne. Ce sans quoi ils pourraient se voir contraint bien plus durement à l'action.

Cet avertissement, qui prend la forme d’un rappel à l’ordre, intervient environ six mois après que ces sociétés ont volontairement signé un code de conduite qui les "contraint" à agir dans les 24 heures en Europe si des propos haineux sont publiés sur leurs services. Les géants du Net sont ainsi appelés à retirer le contenu ou à en supprimer l’accès si nécessaire. Ils doivent également collaborer de manière plus étroite avec les organisations de la société civile et participer à la promotion des efforts visant à lutter contre ces discours rétrogrades et haineux.

Or, six mois après la mise en place de ce code de conduite, les efforts de Facebook et des autres ne semblent pas suffisants. Selon un rapport de Vera Jourova, commissaire européenne à la justice, le respect de ce texte est loin d’être satisfaisant. "En pratique, les sociétés prennent plus de temps pour réagir et n’atteignent pas cet objectif. Ils n’examinent que 40% des dossiers enregistrés en moins de 24 heures", expliquait ainsi un officiel de la Commission, selon Reuters. "Après 48 heures, le chiffre s’approche des 80%. Cela montre que l’objectif est réaliste et peut être atteint, mais cela demandera bien plus d’efforts des sociétés de la high tech", continuait la Commission.

Pour inciter ces géants à prendre le problème davantage au sérieux, la Commission européenne pourrait passer à la vitesse supérieure, à savoir légiférer, ce qui imposerait un cadre bien plus strict. "Si Facebook, YouTube, Twitter et Microsoft veulent me convaincre, ainsi que les ministres, que la voie non législative peut fonctionner, ils vont devoir agir rapidement et faire un gros effort dans les mois à venir", déclarait Vera Jourova au Financial Times.

Le rapport de la commissaire montre également que tous les pays de l’Union européenne ne sont pas logés à la même enseigne. Ainsi, en France et en Allemagne, le taux de retrait des propos racistes est supérieur à 50% mais seulement de 11% en Autriche et de 4% en Italie…

Ce rapport devrait être étudié par les ministres de la justice européens jeudi prochain à Bruxelles. Ils profiteront de cette séance pour demander des éclaircissements aux géants du Net sur le retrait de la "propagande terroriste".