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Obama, le geek contrarié de la Maison Blanche

Le président Obama au mois décembre dernier à Paris. Il porte un bracelet connecté Fitbit Surge.

Le président Obama au mois décembre dernier à Paris. Il porte un bracelet connecté Fitbit Surge. - JIM WATSON / AFP

Le président américain est le premier occupant du bureau ovale à raffoler des produits technos. Une inclinaison combattue par son service de sécurité qui bride systématiquement son matériel informatique.

Ce ne sont pas des montres de luxe de type Rolex que Barack Obama aime arborer à son poignet... mais des trackers d’activité. Son nouveau Fitbit Surge n’était ainsi pas passé inaperçu à sa main gauche lors de sa venue à Paris au mois de décembre dernier.

En 2013, il se lamentait de ne pouvoir utiliser d’iPhone. Il possède cependant un iPad, sur lequel il consulte des résultats sportifs et un smartphone BlackBerry. Aucune chance, cependant, qu’il puisse faire fonctionner tous ces dispositifs au top de leurs capacités comme le rapporte le New-York Times. Tous ces produits sont connectables en Bluetooth ou en Wi-Fi et bardés de capteurs, notamment des GPS, ce qui pose de gros problèmes de sécurité informatique.

Rappelons que des hackers russes sont suspectés d’avoir piraté un système de messagerie de la Maison Blanche et que des pirates chinois auraient pénétré les fichiers de l’Office of Personnel Management, l’agence responsable de la fonction publique. La présidence américaine n'a jamais été autant la cible potentielle de cyber-attaques.

Le smartphone et la tablette d'Obama ne sont pas connectés

Son service de la sécurité informatique ne prend donc aucun risque. Il est plus que probable que l'iPad d'Obama ait été passé au scalpel par des ingénieurs de la Darpa, comme ce fut le cas pour le Général Cartwright. Ce dernier, un temps vice-président du Comité des chefs d’état-major interarmées américain, fut le premier à introduire une tablette d'Apple dans les pièces sécurisées de la Maison Blanche. Mais il avoue au New-York Times qu'il n'était habilité alors qu'à utiliser un "iPad idiot". Sans micro, sans objectif et sans aucune possibilité de connexion avec l'extérieur. Il pouvait juste télécharger des documents localement via un câble sécurisé.

On sait aussi que la version du BlackBerry utilisée par Obama est spécifique et ultra-sécurisée. Pour poster son premier message sur Twitter sur le compte Potus "Hello, Twitter !" le 18 mai dernier, il avait du emprunter le téléphone d'un collaborateur. Malgré toutes ces précautions, seules quelques personnes sont autorisées à lui envoyer des mails. 

En 2007, le vice-président Dick Cheney avait été jusqu'à désactiver les capacités sans fil de son pacemaker, de peur qu'un hacker ne s'en serve pour l'assassiner à distance. Des experts ont prouvé en laboratoire plusieurs années après que cette opération était possible. Ce qui a inspiré aussitôt un épisode de la série Homeland. On est jamais trop prudent.

Amélie Charnay