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NKM, la plus geek des Républicains

Un homme agresse NKM à Paris dans le Vème arrondissement

Un homme agresse NKM à Paris dans le Vème arrondissement - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

L’ancienne secrétaire d’Etat au Numérique est une serial twitteuse qui ne simule pas son intérêt pour les nouvelles technologies. Nathalie Kosciusko-Morizet est aussi la seule, avec Alain Juppé, à accorder une place majeure au numérique dans son programme.

"Certains candidats pensent que c’était mieux avant". La phrase s’étale au-dessus d’un antique minitel ou d’une pile de vieilles disquettes. Pour faire la promotion de son meeting du 9 novembre, Nathalie Kosciusko-Morizet assimile ses rivaux au passé, elle incarnant seule le renouveau. Mais elle n’a pas choisi au hasard des objets technologiques : ils symbolisent la colonne vertébrale de toute sa campagne, à savoir la transition numérique de la société qu’elle se targue de vouloir accélérer.

L'affiche du dernier meeting de NKM.
L'affiche du dernier meeting de NKM. © dr

Une technophile convaincue

De tous les candidats à la primaire des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet est assurément la plus geek. Née en 1973, c'est aussi la plus jeune de tous les prétendants de ce parti à la présidentielle. Elle n’a eu aucun mal à adopter les réseaux sociaux quand ils ont émergé au milieu des années 2000. Elle a même été l’une des premières femmes politiques françaises à créer un compte Twitter qui rassemble aujourd’hui plus de 630 000 abonnés. "C’est son média social de prédilection. Elle écrit directement ses tweets depuis son iPhone ou son iPad dont elle ne se sépare jamais", nous précise l’un de ses porte-paroles.

NKM est aussi la seule à posséder une expertise sur l’économie numérique depuis son passage comme secrétaire d’Etat, de janvier 2009 à décembre 2010. On rappellera enfin que son frère Pierre Kosciusko-Morizet est business angel et qu’il a fondé PriceMinister en 2000. De quoi la sensibiliser forcément aux enjeux du secteur. Et lors de son dernier meeting, elle a revendiqué son style "keynote de la Silicon Valley", sans pupitre, avec un micro HF et déambulant librement sur la scène.

Des vidéos sur Facebook et des photos sur Flickr

Autour d’elle, six à huit personnes relaient sa campagne pour la primaire des Républicains sur le web. "Une équipe d’étudiants bénévoles sans hiérarchie avec un processus de validation réduit au plus court pour être réactif", nous détaille encore l’un de ses porte-paroles. Comme ses concurrents, elle a bénéficié du service américain Nation Builder, une plateforme permettant de gérer à la fois son site internet, ses réseaux sociaux, son équipe de campagne et la communication à destination des militants.

Faute de moyens, la candidate à la primaire LR n’a pas cherché à être présente sur Snapchat, par exemple. Son équipe s’est concentrée sur deux axes : de belles photos mises en ligne abondamment sur Flickr qui sert de banque d’images. Et beaucoup de vidéos, qu’il s’agisse de créations ou de live Facebook comme après chaque meeting. Car l’idée, c’est d’utiliser les réseaux sociaux pour dialoguer directement avec les sympathisants.

Le numérique, clef de voûte de son programme

Dans son programme, Nathalie Kosciusko-Morizet dresse d’emblée le constat que le numérique imprime "une transformation radicale des modes de vie et de travail". D’où sa proposition de créer un statut de travailleur indépendant à la fois souple et protecteur pour répondre aux défis de la nouvelle économie collaborative et anticiper la fin du salariat. Elle veut aussi favoriser le télétravail, créer une chambre des citoyens pour soumettre en ligne des propositions de loi, soutenir les business angels par des incitations fiscales et diffuser le numérique dans tous les enseignements. Mais les propositions de NKM sont parfois floues et restent essentiellement centrées sur l’économique numérique.

Sur le débat qui oppose surveillance et vie privée, elle ne se pose pas vraiment en défenseur des libertés individuelles. Elle a même proposé d’obliger les constructeurs à installer des portes dérobées à destination des autorités dans chaque matériel informatique à l'occasion d'un amendement déposé au mois de janvier dernier. NKM se révèle donc plus autoritaire que libérale quand il s'agit de questions numériques sociétales.

Sa présence sur les réseaux sociaux : NKM est présente sur Facebook (92 311 followers), Twitter (plus de 632 000 abonnés), Instragram, Flickr, Youtube, Dailymotion et Vine.

Son coup d'éclat sur le web : L’équipe de NKM a repris et détourné les propos élogieux prononcés par ses actuels concurrents lors de la campagne pour les municipales de 2014 : "Nathalie fait une campagne remarquable", "stature", "intelligence", "énergie", "créativité". Une avalanche de compliments. Bien joué. Elle publie également régulièrement des petits clips vidéos sur Twitter, qui sont toujours bien relayées, même si ce n'est pas forcément pour le meilleur....

Sa bourde sur le web : la vidéo annonçant qu’elle s’est qualifiée pour la primaire mise en ligne le 13 septembre 2016. Tournée dans un endroit confiné avec de la réverbération, elle donne l’impression que NKM trône aux toilettes.

Elle sera aussitôt détournée sur Youtube :