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L'UE prépare un fichier biométrique de 400 millions de personnes pour sécuriser ses frontières

Un dispositif de reconnaissance faciale dans l'aéroport de Dulles, en Virginie.

Un dispositif de reconnaissance faciale dans l'aéroport de Dulles, en Virginie. - Jim WATSON / AFP

L’Union européenne a confié à deux entreprises françaises la conception d'un système de correspondance biométrique, constitué d'empreintes digitales et photographies de plus de 400 millions de personnes. Le dispositif devrait voir le jour d'ici 2022.

Il est voué à devenir l'un des plus larges systèmes d'identification biométrique au monde. L'Union européenne a accordé à deux entreprises françaises, Idemia et Sopra Steria, la mise au point d'un système de correspondance biométrique. Ce dispositif s'appuiera sur une immense base de données d'empreintes digitales et de photographies des visages de 400 millions de ressortissants de pays tiers, désireux d'entrer dans l'espace Schengen, note Euractiv.

L'Union européenne y voit un moyen de renforcer son contrôle aux frontières et d'améliorer sa lutte contre l'immigration clandestine et la criminalité transfrontalière. Aux frontières aériennes, maritimes et terrestres, un système de comparaison d'images pourra être utilisé, pour vérifier l'identité d'un ressortissant de pays tiers. Il ne s'agira en aucun cas d'un système de reconnaissance faciale en temps réel.

Jusqu'à 302 millions d'euros

Idemia "déploiera des technologies biométriques de pointe et s’engage fièrement à contribuer à l’une des bases de données biométriques à grande échelle les plus exigeantes au monde en matière de précision et de rapidité, au service d’une Europe plus sûre", a déclaré Philippe Barreau, Vice-président exécutif du groupe, en charge des activités d’identité et sécurité publique.

La base de données, constituée lors des passages des citoyens hors zone Schengen à la frontière, sera gérée par eu-LISA, l’Agence européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice. Auprès de BFM Tech, Idemia rappelle qu'elle n'aura aucun accès à ces données, mais fournira uniquement les outils de reconnaissance biométrique.

Idemia compte déjà a son actif des contrats avec l'Australie et les Etats-Unis, pour sécuriser leurs frontières et protéger leurs bases de données de passeports. En tout, et une fois son dispositif européen déployé, l'entreprise devrait aider les autorités à décider de l'entrée, ou non, de 800 millions de ressortissants de pays tiers au-delà des frontières occidentales.

Pour mener à bien leur projet, Idemia et Sopra Steria percevront jusqu'à 302 millions d'euros, le montant plafond fixé par leur cahier des charges. La durée du contrat-cadre conclu est de quatre ans, avec une option de prolongation pouvant aller jusqu'à six ans. Les deux entreprises ont déjà collaboré avec l'agence européenne chargée de superviser les grands projets technologiques de défense et de renseignement (eu-LISA) sur d'autres projets de contrôles aux frontières, tels que le système d'information Schengen (SIS) ou encore le système d'information sur les visas (VIS). Leur nouveau système d'identification biométrique est attendu pour 2022.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech