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La Maison Blanche invite les internautes à dénoncer la "censure" sur Facebook et Twitter

Le site "Tech Biais" permet de signaler d'éventuelles censures politiques sur les réseaux sociaux.

Le site "Tech Biais" permet de signaler d'éventuelles censures politiques sur les réseaux sociaux. - SAUL LOEB / AFP

Le gouvernement américain a lancé un site Web spécifiquement dédié au signalement de suppressions de contenus jugées injustifiées par les internautes sur Facebook ou encore Twitter. Le tout au nom du combat pour la "liberté d’expression en ligne".

La Maison Blanche entame un bras de fer avec les plus grands réseaux sociaux. Le gouvernement a lancé un site pour inciter les internautes à faire part de leur mécontentement vis-à-vis de la modération automatique exercée sur Facebook, Twitter, YouTube ou encore Instagram, rapporte l'AFP. 

Cette modération automatique des photos, vidéos ou commentaires a pour but de bannir les contenus haineux, offensants ou appelant à la violence des réseaux sociaux. Mais elle peut être interprétée par les internautes comme une volonté de "censure", dès lors qu'elle touche à des contenus liés à leurs convictions politiques. 

Le site lancé par la Maison Blanche, baptisé "Tech Biais" (que l’on pourrait traduire par "Parti pris politique de l’industrie tech"), propose ainsi un formulaire dans lequel renseigner ses coordonnées, le réseau social à l'origine de la présupposée censure ainsi que captures écran du contenu supprimé et de la notification émise par le réseau social incriminé. 

"L’administration Trump se bat pour la libre expression en ligne", peut-on lire dans un tweet de la Maison Blanche. "Quels que soient vos avis, si vous suspectez avoir été censuré ou interdit de parler en raison d’un parti pris politique, dites-le-nous, cela nous intéresse !". Et de préciser que "trop d'Américains ont vu leurs comptes suspendus, interdits ou dénoncés frauduleusement pour d’obscures “violations” des règles d’utilisation".

Des réseaux sociaux jugés pro-démocrates

Cette initiative qui s'adresse a priori à tous les Américains, "quelles que soient leurs opinions", vient s'inscrire dans la volonté de Donald Trump de démontrer que les géants technologiques et grandes entreprises américaines du Web pratiquent une discrimination présumée contre les internautes républicains.

En mai 2016 déjà, après avoir été accusé d'être "pro-démocrate" alors même que se profilaient les élections américaines, Facebook avait fait part de modifications pour rendre le choix de ses "Sujets populaires" plus impartial, comme le rapportait Gizmodo.

En août dernier, Donald Trump avait lui même pointé du doigt les réseaux sociaux, Twitter en tête, de "censurer les voix conservatrices". Le 23 avril, à l'occasion d'une rencontre avec Jack Dorsey, le PDG de Twitter, le président des Etats-Unis avait réitéré ses regrets de ne pas être bien traité "en tant que républicain". Avec plus de 60 millions d'abonnés, Twitter constitue son réseau social de prédilection.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech