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L'incroyable plan d’Elon Musk pour coloniser Mars

L’entrepreneur a dévoilé sa stratégie visant à coloniser la planète rouge. Une conquête qui devrait débuter dès 2018 grâce à un système de transport hors normes.

Ton sage et présentation style PowerPoint, Elon Musk a dévoilé son projet pour coloniser Mars ce 27 septembre comme s’il s’agissait d’une simple capitalisation boursière. Pourtant, il est bien question d’une entreprise qui défie toute rationalité : aller habiter une planète hostile à l’homme au risque de sacrifier ses premiers occupants et en y consacrant des sommes et des moyens techniques délirants. La vidéo de sa société Space X expliquant son projet ressemble presque au teaser d’un blockbuster hollywoodien :

Présent sur la scène du 67e Congrès international d’astronautique au Mexique, l’homme d’affaires a expliqué doctement qu’il prévoyait d’envoyer des vaisseaux tests dès 2018 et de mettre en place les premiers voyages habités à partir de 2022.

Un trajet cher, long et peut-être... mortel

Pour assurer le transport, une capsule énorme d'un diamètre de 17 mères pouvant abriter une centaine de personnes dans un premier temps, puis au moins deux cent à terme. Fabriquée en fibre de carbone, elle serait mise sur orbite par un lanceur et équipée de panneaux solaires. Musk aimerait bien la baptiser « Cœur en or » en référence à l'oeuvre de Douglas Adams Le Guide du voyageur galactique.

Il promet "un voyage fun" avec des jeux, des films et un restaurant. Il faut dire que chaque trajet devrait durer très longtemps : entre 80 et 150 jours, le temps de parcourir les 225 millions de km qui nous séparent de Mars. Les lancements ne pourraient d'ailleurs survenir que tous les 26 mois, uniquement lorsque la Terre et Mars sont alignées. A ce rythme, il faudrait réaliser au moins 10 000 voyages avant que la colonie n'atteigne le chiffre très ambitieux d'un million de personnes visé par l'homme d'affaires.

Les passagers débourseraient environ 100 000 dollars pour être du voyage. Mais ça, c’est le prix optimiste, une fois réduit les coûts au maximum. En outre, les premiers colons n’auront pas l’assurance de survivre à ce dangereux voyage. "Le risque de décès sera élevé. Il n’y a pas de doute là-dessus", a confirmé froidement Elon Musk lors des questions réponses qui ont suivi sa présentation.

Du matériel réutilisable pour faire baisser les coûts

Le lancement se déroulerait suivant plusieurs étapes : d’abord la mise en orbite de du vaisseau, puis le retour sur terre du propulseur, une technologie que la firme maîtrise de mieux en mieux. D'autres vaisseaux également sur orbite auraient pour but de ravitailler la navette avant son grand départ, comme on peut le voir dans le schéma ci-dessous :

Le système d'Elon Musk pour réutiliser son lanceur.
Le système d'Elon Musk pour réutiliser son lanceur. © Space X

Elon Musk espère pouvoir réutiliser ce propulseur un millier de fois, mais compte aussi sur le recyclage du réservoir de carburant et du vaisseau.

Il ne compte pas limiter ce système de transport à Mars. Musk rêve déjà en effet d'explorer Jupiter et pourquoi pas aller visiter les satellites Encelade (lune de Saturne) et Europe. L'objectif final d'Elon Musk ne se limite pas à Mars : il veut transformer l'homme en une espèce "multiplanétaire" possédant diverses cités éparpillées dans notre système solaire. Reste à déterminer comment l'homme pourrait survivre dans ces univers hostiles. Ce ne semble qu'un détail pour Musk qui ne veut parler pour le moment... que de transport.

Amélie Charnay