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Internet mobile dans le métro parisien: pourquoi capte-t-on aussi mal?

D’abord annoncée pour 2017, la 4G couvre désormais une large partie du métro parisien. Mais il faudra encore attendre pour une couverture totale de l'ensemble des lignes du réseau souterrain de la RATP.

Il aura fallu à la RATP plusieurs années pour frôler les 80% de couverture du réseau parisien en haut débit (contre 42% en 2018 et 18% en 2017). Comme l’a révélé l’Arcep en octobre 2019, ces chiffres sont représentatifs des efforts effectués ces derniers mois. Malgré tout, les usagers du métro et du RER parisien sont peu nombreux à profiter d’une bonne connexion sur l’ensemble de leurs trajets quotidiens. La RATP, ainsi que l’opérateur Orange, détaillent à BFM Tech les principaux défis auxquels leurs équipes doivent faire face.

12 millions de voyageurs quotidiens

Les premiers plans d’installation de la 4G ont été laborieux, notamment en raison d’une organisation peu optimale. “Sur la période 2012-2015, les défis techniques se sont révélés plus importants que prévu. Les cinq acteurs (la RATP et les quatre opérateurs nationaux, ndlr) ont trouvé qu’il était important de remettre une structure de pilotage technique plus forte. Orange a pris le pilotage du projet, d’un point de vue technique, début 2016. C’est à partir de ce moment que l’on a vu une accélération du nombre de stations couvertes en 3G et 4G” se félicite Philippe Laplane, Directeur Unité Production Réseau Île-de-France chez Orange.
La qualité de la couverture mobile dans le métro selon les différents opérateurs.
La qualité de la couverture mobile dans le métro selon les différents opérateurs. © Arcep/BFMTV

Au total, ce sont près de 400 stations qui doivent à terme être équipées en antennes, afin de fournir une connexion de qualité aux 12 millions de voyageurs quotidiens, quelque soit leur opérateur mobile. Le tout dans un environnement bien particulier, explique un porte-parole de la RATP, en raison de l’infrastructure elle-même: le métro a été pensé au XIXe siècle, et est en partie fondé autour de très larges parois, difficilement franchissables par les ondes électromagnétiques. 

Au-delà de l’organisation entre les différentes parties prenantes, des obstacles techniques se sont rapidement dressés. A commencer par la plage horaire disponible. Les travaux ne peuvent être menés qu’entre 1h et 5h du matin, lorsqu’aucune rame ne transporte de public.

“Ces travaux font partie des 400 chantiers qui sont menés sur l’ensemble du réseau, par exemple pour remplacer des rails ou de la signalisation” précise la RATP à BFM Tech.

Pas d’échéance précise

Autre défi technique: trouver l’espace pour accueillir le matériel de tous les opérateurs, dans une structure qui en manque. De véritables data center ont dû être installés afin de faire transiter les données - par de la fibre, et complétés par du matériel de refroidissement, en raison de la propension des serveurs à chauffer. Au total, ce sont 1.500 armoires informatiques qui doivent être refroidies.

Afin de gagner de l’espace, les quatre opérateurs se partagent les antennes-relais disséminées aux alentours des quais et des voies. Et ces dernières doivent s’avérer particulièrement flexibles pour tenir la charge.

“Nous devons fournir de l’Internet à 800 personnes d’un coup, lorsque deux rames se croisent. A la station Châtelet, ce sont 5.000 personnes qui peuvent solliciter le réseau mobile, si deux rames de RER sont stationnées au même moment” rappelle la RATP.

Mi-2016, la RATP promettait l’arrivée du haut débit sur l’ensemble du réseau en fin d’année 2017. Malgré ses récents progrès dans le domaine, l’institution se garde désormais de fournir toute date précise.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech