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Intelligence artificielle: un ponte de Facebook au Collège de France

Yann LeCun dirige le laboratoire d'intelligence artificielle de Facebook.

Yann LeCun dirige le laboratoire d'intelligence artificielle de Facebook. - Yann LeCun/Facebook

Le Français Yann LeCun est directeur du laboratoire d’intelligence artificielle du réseau social. Il va tenir un séminaire jusqu’au 15 avril au Collège de France.

Dans les années 70, les stars du Collège de France venaient des Sciences humaines et s’appelaient Michel Foucault ou Roland Barthes. Aujourd’hui, elles sont issues des mathématiques et de l’informatique et travaillent pour des géants du Net. À l’image de Yann LeCun, l’éminent directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook. Il va mener un séminaire sur l’apprentissage profond (deep learning) jusqu’au 15 avril et vient de donner sa leçon inaugurale il y a quelques heures. "C’est un honneur et un vrai plaisir pour moi d’avoir été invité", a -t-il déclaré lors d’une conférence de presse préalable.

Yann LeCun et l'administrateur du Collège de France Alain Prochiantz au Collège de France lors d'une conférence de presse.
Yann LeCun et l'administrateur du Collège de France Alain Prochiantz au Collège de France lors d'une conférence de presse. © 01net

L’homme ne cache pas sa satisfaction d’être reconnu par ses pairs ni son envie d’influencer de jeunes étudiants. Il faut dire que ce professeur de l'Université de New-York a longtemps œuvré dans l’indifférence générale de la communauté scientifique.

Un précurseur du deep learning

Dans les années 80, il est l’un des premiers à s'intéresser au deep learning, un ensemble de méthodes permettant aux machines d'apprendre automatiquement et s'inspirant du fonctionnement des réseaux neuronaux. "J’ai mis au point la première version d'un réseau convolutif" , note-t-il. Il est autrement dit l'inventeur du modèle d'intelligence artificielle le plus utilisé actuellement par les géants des nouvelles technologies. Sa méthode, inspirée du cortex visuel des mammifères, a notamment permis de réaliser un bond en avant en matière de reconnaissance d’images et vocale. Et a favorisé l’émergence d’assistants virtuels comme Siri ou Google Now, par exemple.

Ce n'est qu'un début : Google, Microsoft Facebook et consorts s'appuient sur le deep learning pour développer leurs projets les plus fous, comme la voiture autonome ou les robots compagnonsOn comprend mieux pourquoi Yann LeCun est devenu un talent aussi convoité.

Les machines deviendront vraiment intelligentes quand elles seront capables de raisonner

Il est important de préciser que le Collège de France l’avait invité avant que le Facebook ne l’embauche en décembre 2013 et que les médias du monde entier ne braquent leurs projecteurs sur lui.

L’ambition de Yann LeCun en donnant cette série de cours, c’est de dégager les grands enjeux de l’apprentissage profond et susciter, pourquoi pas, des vocations en France, où il a ouvert l’année dernière une antenne du laboratoire en IA de Facebook. Car Yann LeCun croit en l’émulation pour faire progresser la recherche fondamentale. Quitte à ce que cela passe par une saine compétition l’opposant à ses confrères. Il n’hésite d'ailleurs pas non plus à collaborer ponctuellement avec ses rivaux de Google.

De nouveaux talents sont nécessaires pour relever le défi de grande ampleur auquel fait face aujourd'hui le deep learning, si l’on en croit le spécialiste. "Nous nous retrouvons dans la même situation que les physiciens, pour qui 95% de la masse de l’univers reste inconnue. Il faut que nous trouvions comment intégrer des capacités de raisonnement aux machines. Tant que ce problème ne sera pas résolu, nous n'obtiendrons pas de machines vraiment intelligentes", conclut-il.