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Humour, empathie, familiarité: comment Google veut vous faire aimer son assistant vocal

Le Google Home

Le Google Home - YouTube (Google)

Serviable, enjoué, familier mais pas trop: l'assistant vocal de Google colle à une "personnalité" bien définie. Il trouve progressivement sa voie, entre humour léger et réponses purement informatives.

Donner l'heure, les informations du jour, le nom d'un groupe de musique ou encore paramétrer l'éclairage de sa maison... Google Assistant, l'assistant vocal de Google, doit trouver le ton juste pour répondre aux sollicitations des détenteurs de smartphones Android ou d'enceintes connectées Google Home

Les premières conversations avec cet assistant ont pu connaître quelques heurts. Mais l'outil ne cesse de s'affiner. Il est désormais capable de distinguer les voix de ses différents utilisateurs pour personnaliser ses réponses - et éviter, par exemple, qu'un enfant ne soit amené à réaliser seul des achats en ligne. Google lui a surtout forgé une personnalité pour rendre ses interactions les plus naturelles possible. 

Pour les ingénieurs en charge de sa conception, Google Assistant doit se tenir à plusieurs qualités essentielles. "Il a été pensé pour être serviable, l'idée étant qu'il soit toujours là pour aider sans jamais s'imposer ni s'immiscer dans les conversations", explique Lauren Ducrey, qui s'occupe d'étoffer la personnalité de l'assistant chez Google.

L'assistant se doit également d'être familier, en gardant une forme d'humilité. Il ne prétendra ainsi jamais être humain et reprendra des expressions liées à l'informatique dans certaines de ses réactions - telles que "cela me brise le code". Pour répondre à son utilisateur, l'outil se montre aussi "empathique". Cela implique qu'il prenne en compte le contexte de la demande, voire des informations issues de l'actualité du jour. 

Le plus français possible

La dernière qualité revendiquée de Google Assistant est l'enthousiasme, à une échelle bien moindre que dans sa version américaine. L'outil a en effet été retravaillé pour être le plus français possible. Cela passe par des références, dont certaines sur le vin, mais aussi par des idiomatismes. Quitte à s'aventurer sur le terrain des "à plus dans le bus" ou des "ciao l'asticot", d'après les exemples fournis par Google. 

Afin d'éviter de susciter la moindre animosité, Google Assistant respecte un mot d'ordre: éviter la politique. Pour les sujets jugés clivants, l'assistant se contente de rester purement informatif et redirigera vers des renseignements objectifs.

Google se garde également de tout heurt en matière d'humour. Il s'agit-là de l'une de ses fonctionnalités les plus sollicitées. L'entreprise met l'accent sur ces blagues et plaisanteries que Google Assistant se verra bien forcé de déclamer. L'équipe dirigée par Lauren Ducrey rédige manuellement les réflexions humoristiques qui feront la personnalité de Google, parfois par catalogues entiers de thèmes. 

Un humour fait maison

"L'humour de l'Assistant est accessible pour tous les utilisateurs quel que soit leur âge ou leur origine. Ses blagues sont donc souvent simples, courtes, et aux accents potaches. Il utilise beaucoup les emojis et les effets sonores pour signifier le ton de la farce", résume Lauren Ducrey. L'utilisateur de Google Assistant pourra par exemple être confronté à cette réflexion, après avoir demandé un "conseil de drague irrésistible": "Est-ce que tu t'es connecté au Wi-Fi? Parce que je sens une forte connexion avec toi".

Pour donner aux premières plaisanteries de Google Assistant un ton juste et naturel, une session d'enregistrement vocal a dû être réalisée. Un long casting a été nécessaire pour trouver la voix française à même d'incarner l'assistant. Une voix "la plus inclusive possible", ni trop jeune, ni trop condescendante mais surtout à même de résister à de nombreuses heures d'enregistrement. De nombreuses sessions, étalées sur trois mois, ont en effet été planifiées pour la première version de l'assistant.

Si la voix française est féminine, Google a opté pour une voix masculine en Italie. La décision a dans les deux cas été prise après avoir mené des tests dans ces pays respectifs. Seuls les Etats-Unis bénéficient d'un panel de dix voix, dont celle du chanteur John Legend.

Les assistants vocaux sont bien souvent critiqués pour la propension qu'ils ont à être incarnés par des voix féminines. L'un des premiers assistants vocaux "non genrés" a vu le jour début mars. Google indique travailler pour sa part sur la création de voix associées à des timbres plutôt qu'à un genre.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech