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Hong Kong: comment les manifestants empêchent la police de déverrouiller leur iPhone 

Face ID

Face ID - Apple

Le "mode police" introduit en 2017 par Apple offre la possibilité aux propriétaires d'iPhone de bloquer temporairement le déverrouillage par Touch ID ou Face ID.

A Hong Kong, dans un pays où la surveillance de masse est légion, la résistance s’organise. Depuis le 28 avril, des millions de manifestants descendent dans les rues pour protester contre le projet de modification de la loi sur l’extradition. Masques chirurgicaux pour ne pas être reconnus, peinture des caméras de surveillance, lasers pour tromper la reconnaissance faciale... Tout est fait pour préserver l’anonymat de ceux qui battent le pavé. Mais en cas d’arrestation, comment se protéger?

La semaine dernière, Colin Cheung est arrêté pour "conspiration et complicité de meurtre" et embarqué dans une voiture de police banalisée. Des agents lui agrippent la tête et tentent de déverrouiller son iPhone, raconte le New-York Times. Mais rien ne se passe. Car avant son arrestation, Colin Cheung avait activé le "cop mode" ("mode police"). Une fonctionnalité disponible depuis la sortie d’iOS 11 en 2017, qui offre la possibilité de désactiver temporairement Face ID, le logiciel de reconnaissance faciale d'Apple, et Touch ID, l'équivalent avec les empreintes digitales.

Pour bloquer le premier, il suffit d’appuyer quelques secondes sur le bouton latéral de verrouillage (en haut à droite) et sur l’un des boutons du volume. Cinq pressions sur le latéral sont nécessaires pour désactiver temporairement la reconnaissance digitale.

Quid de la France? 

Comme le rappellent nos confrères du Figaro, en France, la question est épineuse. En France, le Conseil constitutionnel a confirmé l'an dernier que refuser de donner le code de déverrouillage de son smartphone en garde à vue était bien passible de poursuites. Réduisant ainsi le droit à la vie privée pour les suspects.

L’objet des débats était l’article 434-15-2 du Code pénal :

"Est puni […] le fait, pour quiconque ayant connaissance de la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie susceptible d'avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit, de refuser de remettre ladite convention aux autorités judiciaires […]."

Mais les Sages ont été contredits le 16 avril par la Cour d’appel de Paris. Les magistrats ont en effet expliqué que le code de déverrouillage d’un smartphone ne permettait pas de déchiffrer des données ou messages cryptés. Donc refuser de donner cette information n’avait rien d’illégal. Cette décision pourrait faire jurisprudence.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech