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Google inclut le Patriot Act dans sa politique de transparence

Plutôt que de chiffres, Google a plutôt diffué de très larges estimations.

Plutôt que de chiffres, Google a plutôt diffué de très larges estimations. - -

La justice et les services secrets américains font chaque année plusieurs centaines de demandes d'accès aux données personnelles des utilisateurs de Google dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Google en publie enfin le nombre... au millier près.

Depuis plusieurs années, Google rend publiques les demandes des autorités concernant les données personnelles des utilisateurs. Cela va de la suppression des contenus illégaux à la demande de renseignements... Mais les injonctions des services secrets américains concernant la lutte contre le terrorisme ont toujours échappé à cette volonté de transparence.

Depuis ce mois-ci, Google publiera enfin le nombre de ces demandes dans ses rapports. La firme de Mountain View a trouvé un accord avec le gouvernement américain, qui a abouti au premier bilan, le 5 mars.

Les "lettres de sécurités nationales"

Depuis le Patrioct Act, voté en 2001, ce qu'on appelle "les lettres de sécurité nationale" permettent aux autorités américaines d'avoir accès à n'importe quelle donnée personnelle détenue par une entreprise de téléphonie ou un service Internet. Sur simple demande, dans le but supérieur de combattre le terrorisme, les entreprises doivent se soumettre et on l'interdiction d'en avertir la personne concernée.

Ces pratiques sont très critiquées par les associations de défense des droits de l'homme, tant par leur opacité que par le pouvoir que cela confère aux agences sans qu'elles n'aient le moindre compte à rendre à quiconque.

Google, qui cherche toujours à accroître la confiance de ses utilisateurs, ne pouvait pas, jusqu'à présent, les inclure dans sa politique de transparence.

A un millier près

Dans une note du blog officiel de la firme, Richard Salgado, de la division juridique, explique les détails de l'accord. Mais, plutôt que des chiffres, on devrait plutôt parler de très larges estimations...

Les dents de la fourchette sont tellement écartées qu'il est difficile d'en tirer le moindre enseignement. On apprend donc que les autorités américaines ont depuis 2009 adressé chaque année... entre 0 et 999 lettres de sécurité. Même imprécision pour les utilisateurs concernés: entre 1.000 et 1.999, sauf en 2010, où le chiffre se situe quelque part entre 2.000 et 2.999.

Le compte-rendu fourni par Google. (Capture GoogleBlog)

"Vous constaterez que nous publions des échelles de nombres"

Google devait certainement s'attendre à une ou deux remarques à ce sujet puisque le juriste précise à la fin de la note: "Vous constaterez que nous publions des échelles de nombres plutôt que des chiffres exacts. C'est pour répondre aux nécessités établies par le FBI, le département de la Justice et les autres agences de ne pas publier des chiffres exacts sous peine de révéler des informations à propos des investigations. Nous prévoyons de les mettre à jour tous les ans."

Google remercie chaleureusement le gouvernement américain pour l'accord finalement signé et se montre fier de pourvoir ainsi affirmer son image de transparence.