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Facebook, Twitter: des comptes de militants LGBT suspendus après avoir employé le mot "pédé"

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Plusieurs militants pour les droits des LGBT ont affirmé auprès de Libération avoir vu leurs comptes Facebook et Twitter supprimés après avoir employé le mot "pédé". Une conséquence selon eux de la loi Avia contre la haine en ligne, qui entrera en application le 1er juillet. Facebook reconnaît une erreur.

En une semaine, une quinzaine de comptes Twitter et Facebook de militants pour les droits des LGBT ont été suspendus, révèle ce jeudi Libération. Tous avaient employé dans des messages les mots “pédé”, une insulte que se réapproprient les militants pour la détourner de son sens injurieux. Mais pour les plateformes, ce mot va à l’encontre des standards de la communauté concernant les discours haineux. 

Selon les militants interrogés par Libération, ces suspensions de comptes préfigureraient ce qu’entraînera la loi Avia contre la haine en ligne. L'Assemblée nationale a adopté le 13 mai la version définitive du texte, qui entrera en application le 1er juillet.

Celle-ci impose aux plateformes de retirer sous 24 heures les contenus manifestement illicites. L’amende encourue en cas de non-respect pourrait aller jusqu’à 1,25 million d’euros. Les militants pensent que les réseaux sociaux ont anticipé l’entrée en vigueur de cette loi. Contacté par Libération, Facebook assure pourtant que sa politique de modération n’avait pas changé. 

Le réseau social a fait savoir que la lutte contre la haine en ligne était une “priorité” mais a reconnu que des erreurs peuvent être commises. Pour modérer les contenus publiés sur sa plateforme, Facebook a recours à la fois à des modérateurs humains et à des algorithmes qui peuvent difficilement comprendre le contexte de l’utilisation d’un mot. Facebook a indiqué à nos confrères qu'il s'agissait d'une erreur que les contenus seraient restaurés “sous peu”. De son côté, Twitter n’a pas réagi. 

Pauline Dumonteil