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Facebook accusé de favoriser la discrimination à l'embauche

L’ACLU, l'Union américaine pour les libertés civiles, a lancé une action collective contre Facebook devant la Commission américaine de l'égalité des chances.

L’ACLU, l'Union américaine pour les libertés civiles, a lancé une action collective contre Facebook devant la Commission américaine de l'égalité des chances. - Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Par ses options de ciblage publicitaire, Facebook autorise à restreindre l’audience d’une publication grâce à un large panel de critères, dont le genre. Le principe fonctionne également pour les offres d’emploi.

Le ciblage publicitaire infiniment précis de Facebook cause une nouvelle fois du tort au réseau social. L’entreprise de Mark Zuckerberg est désormais accusée d’avoir favorisé la discrimination sexuelle à l’embauche, en permettant aux annonceurs de mettre en avant des offres d’emploi seulement visibles par les hommes, révèle une enquête de ProPublica.

Quinze employeurs ont été suivis par le média américain pour parvenir à cette conclusion. Dans leurs secteurs d’activité respectifs – le bâtiment, l’informatique ou encore le transport routier-, ils ont fait la promotion sur Facebook d’offres d’emploi, en demandant explicitement à ce qu'elles ne soient affichées qu'aux utilisateurs d'un seul sexe. 

L’ACLU, l'Union américaine pour les libertés civiles, a dans la foulée lancé une action collective contre Facebook devant la Commission américaine de l'égalité des chances, l'organisme fédéral en charge du contrôle des discriminations au travail.

Pour légitimer son initiative, l’association s’en remet à une décision de la Cour suprême des Etats-Unis de 1973, qui confirme qu’il est illégal et discriminatoire de diffuser dans les journaux américains des publicités pour un emploi ciblant uniquement les hommes ou les femmes. "Facebook n'autorise pas la discrimination, et nous avons renforcé nos contrôles en la matière ces dernières années", a commenté le réseau social, qui va examiner la plainte.

5000 options de ciblage supprimées

Sur son réseau, Facebook offre aux annonceurs un large panel de critères pour définir la cible de leurs publicités, ou, en l’occurrence de leurs offres d’emploi. Les publications peuvent être rendues visibles aux utilisateurs d’un certain âge, genre ou lieu de vie, mais aussi en fonction de leurs intérêts ou de leur profil démographique.

Cette précision, qui fait la force de Facebook, lui vaut également son lot de critiques. Si Facebook interdit officiellement aux annonceurs d'"utiliser les options de ciblage pour discriminer, harceler, provoquer ou dénigrer des utilisateurs ou pour vous livrer à des pratiques publicitaires abusives", plusieurs reproches lui ont été faits ces dernières années.

En 2016, ProPublica déjà, avait découvert qu'il était possible d'exclure les personnes selon leur couleur de peau sur des publicités pour des logements ou des emplois publiés sur Facebook. Un an plus tard, le même média a repéré de nouvelles discriminations sur les offres d’emploi, liées aux catégories d’âge.

Tout récemment, fin août, le ministère américain du Logement a accusé Facebook d'enfreindre la loi en donnant la possibilité aux propriétaires et aux agents immobiliers de mettre à profit ces mêmes fonctionnalités pour filtrer des clients jugés indésirables, et écarter de potentiels profils sur la base de leur race, de leur religion, de leur nationalité ou encore d'un handicap. Afin d’éviter l’utilisation de tout biais racial ou religieux, le réseau social a annoncé le retrait de 5000 options de ciblage intrusives offertes jusqu’à présent aux annonceurs.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech