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Facebook a transmis des données de ses usagers à des groupes chinois

Le réseau social a partagé les données personnelles de ses usagers avec Huawei, Lenovo, Oppo ou encore TCL. Une soixantaine de fabricants de smartphones sont concernés.

Facebook précise l'identité des entreprises concernés par ses accords d'accès aux données personnelles de ses utilisateurs. Le réseau social a reconnu le 5 juin que le chinois Huawei faisait partie des fabricants de smartphones concernés, ainsi que Lenovo, Oppo et TCL, rapporte le New York Times.

Ces partenariats ont été conclus ces dix dernières années afin de rendre les smartphones de ces constructeurs compatibles techniquement avec le réseau social américain. En tout, une soixantaine d'entreprises ont bénéficié de ce partage d'informations, dont Apple, Samsung, Microsoft ou encore Amazon, révélait le New York Times dans un premier article.

"Huawei est le troisième plus grand fabricant d’appareils mobiles et ses appareils sont utilisés partout dans le monde, notamment aux Etats-Unis. Facebook, comme d’autres entreprises technologiques américaines, a travaillé avec lui, et d’autres fabricants chinois, pour rendre compatible (Facebook) avec leurs téléphones", a justifié par mail à l'AFP Francisco Varela, le chargé des partenariats mobiles au sein du groupe.

Un large spectre de données personnelles

Les accords tissés entre Facebook et les constructeurs de smartphones misaient sur le partage d'un large champ de données personnelles des utilisateurs du réseau. Parmi elles, le statut de la relation, la religion, la sensibilité politique ou les événements ayant suscité l'intérêt des membres du réseau. Les informations partagées pouvaient être collectées auprès des amis d'un utilisateur, voire de ses amis d'amis. 

En se connectant sur Facebook depuis un BlackBerry, un journaliste du New York Times a ainsi pu constater que l'application Hub de BB10 avait ainsi collecté 50 types de données pour 556 de ses amis... et 294.258 de leurs propres amis. 

Facebook a assuré avoir toujours veillé à ce que l’accès aux données ne se fasse pas sans l’accord des utilisateurs, et ne pas avoir eu connaissance d’usage frauduleux de ces données. Les accords conclus avec les constructeurs chinois ont néanmoins suscité la colère de plusieurs parlementaires américains, dont Mark Warner. Le vice-président de la commission sénatoriale sur le renseignement juge que Huawei est une menace pour la sécurité nationale.

"Que Facebook ait laissé des fabricants d’appareils comme Huawei et TCL accéder à ses interfaces soulève des inquiétudes légitimes et j’ai hâte de savoir comment Facebook s’est assuré que les informations sur ses usagers n’étaient pas arrivées jusqu’à des serveurs chinois", a réagi le sénateur démocrate dans un communiqué.

De même pour Ed Markey, un autre sénateur démocrate, qui juge que le dévoilement de ces accords justifierait une seconde audition de Mark Zuckerberg devant le Congrès américain.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech