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Cette robe virtuelle a été vendue pour 8.500 euros

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- - The Fabricant

Les créateurs d'une robe entièrement "numérique" proposent à l'acheteur de la porter... mais uniquement en photo.

Et si pour lutter contre la pollution engendrée par la mode, il suffisait de créer des vêtements virtuels? Il y a une semaine, une robe que son propriétaire ne pourra jamais porter "en vrai" s’est vendue pour 9.500 dollars (8.500 euros), a repéré le média américain Engadget. Derrière ce projet, trois acteurs: The Fabricant, une start-up allemande, Dapper Labs, l’entreprise à l’origine du jeu CryptoKitties et Johanna Jaskowska, une artiste. Leur idée: proposer des vêtements virtuels, destinés à être intégrés numériquement sur les photos de leurs clients.

Il n’existe bien sûr pas de tailles pour cette robe virtuelle. Sur la base d’une image envoyée par l’acheteur, les créateurs l'ajusteront sur-mesure, afin qu'elle puisse être représentée en images, et probablement publiée sur Instagram. Comme pour n'importe quel vêtement classique, un patron 2D de la robe existe. N’importe qui pourrait donc, en théorie, créer son équivalent "réel".

La culture du "fake" sur les réseaux sociaux 

Sur les réseaux sociaux et particulièrement sur Instagram, une plateforme devenue une vitrine de choix pour les marques et les influenceurs, le "vrai" côtoie de plus en plus le "faux". On y retrouve notamment des mannequins virtuels ou des appartements vides, destinés à servir de simples décors pour les influenceurs.

Le vêtement fictif est-il l’étape suivante? Cette démarche pourrait aider à réduire l’impact écologique considérable de la "fast fashion" (mode "low cost" et peu durable) dans la mesure où le vêtement n'est ni produit, ni livré. Cela pourrait notamment contenter les utilisateurs d'Instagram qui commandent des vêtements pour des séances photo dédiées au réseau social, avant de les renvoyer.

Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise parie sur le vêtement virtuel. En novembre, la marque suédoise Carling dévoilait toute une collection numérique composée de tshirts, sweats et pantalons, avait repéré à l’époque Konbini. Les prix étaient cette fois abordables avec des pièces vendues entre 10 et 30 euros. Une fois achetés, ces vêtements virtuels pouvaient être intégrés par Carling sur sa propre photo Instagram.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech