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Ce patch imprimé en 3D soignera un jour les victimes de crise cardiaque

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Un biopatch imprimé en 3D a réussi à réparer le tissu cardiaque d'une souris. Un espoir pour les personnes ayant subi un infarctus.

L’impression 3D permet de créer des pièces de moteur, des bijoux… et maintenant des patchs pour sauver les victimes de crise cardiaque. Une équipe de chercheurs américains a en effet réussi à créer un biopatch qui pourrait aider à guérir du tissu cardiaque endommagé par une "attaque".

Lorsqu’une personne est victime d’une crise cardiaque, le sang ne circule plus correctement dans son cœur ce qui entraîne la mort de certaines cellules. Le corps humain étant incapable de remplacer ces cellules, il se forme à leur place du tissu cicatriciel qui compromet la fonction cardiaque et peut entraîner une insuffisance ou d’autres attaques.

Des chercheurs des universités du Minnesota, du Wisconsin et de l’Alabama semblent néanmoins avoir trouvé une nouvelle approche qui pourrait résoudre ce problème.  Ils ont commencé par scanner en trois dimensions les protéines des tissus cardiaques. Ensuite, ils ont utilisé une méthode d'impression 3D laser pour produire des cellules souches issues de cellules cardiaques humaines sur une matrice. La technique d’impression 3D retenue était la seule à pouvoir leur permettre d’atteindre la résolution de un micron, nécessaire à la reproduction de la structure des tissus cardiaques, ont expliqué les scientifiques.

Le plus impressionnant est que que cette structure cardiaque imprimée a été capable de grandir, comme le font des cellules "normales", et plus incroyable encore, elle s'est mise à battre de façon synchrone.

Le patch cellulaire imprimé en 3D comparé à un coeur de souris.
Le patch cellulaire imprimé en 3D comparé à un coeur de souris. © Patrick O’Leary, University of Minnesota

Implanté dans une souris ayant subi un infarctus, le patch a permis une augmentation significative de la capacité cardiaque de l’animal en seulement quatre semaines. Le patch a non seulement permis au cœur de la souris de retrouver une certaine vigueur mais il a aussi été intégré par le corps de l’animal pour en devenir une partie à part entière.

"Connaissant la complexité du cœur, nous avons été assez surpris de voir combien cette technique fonctionnait", a indiqué Brenda Ogle, professeur d’ingénierie biomédicale de l’université du Minnesota.

Pour la scientifique, "c’est un grand pas en avant dans le traitement de la première cause de mortalité aux Etats-Unis". Les prochaines étapes seront de tester cette technologie pour soigner des animaux de plus grande taille avant de passer aux êtres humains dans les prochaines années.