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Aux Etats-Unis, une intelligence artificielle peut vous bloquer l’accès à certains magasins

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- - YouTube (Blue Line Technology)

Outre-Atlantique, plusieurs boutiques ont adopté une nouvelle technologie de reconnaissance faciale. Son but: verrouiller la porte si un individu jugé indésirable se présente.

Si l’algorithme le décide, la porte restera fermée. Depuis plusieurs mois, des boutiques américaines testent un nouveau système de sécurité, comme le rapporte le quotidien The Seattle Times. Dans la petite ville de Tacoma, les habitués de l’enseigne Jacksons ont vu apparaître une caméra au-dessus de la porte d’entrée. Sur la vitre, un panneau incite les clients à regarder l’objectif pour pouvoir passer la porte.

Derrière cette technologie se cache l’entreprise Blue Line Technology, basée dans le Missouri. Comme son site le précise, elle a mis au point un système baptisé First Line (Première Ligne), qui intègre un logiciel de reconnaissance faciale.

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- © YouTube (Blue Line Technology)

A la discrétion du gérant

Pour le directeur de la boutique, l’utilisation est aisée: dès lors qu’un individu entre dans le magasin, son visage est enregistré. En un clic, il peut ainsi être référencé comme “connu”, “inconnu” ou associé à une alerte, en cas de danger. Le système First Line n’est pas lié à une base de donnée. Son efficacité repose donc avant tout sur l’enregistrement des visages connus par les gérants des boutiques. Si le visage d’un individu est masqué, la porte restera également verrouillée.

D’après Tom Sawyer, ancien policier et associé de Blue Line Technology, une vingtaine d’enseignes ont adopté la technologie First Line à travers le pays. Il revendique une baisse de 95% des appels aux forces de l’ordre et une chute des vols de 50%. “Nous comprenons les craintes autour de la reconnaissance faciale. Mais nous voulons avant tout stopper les voleurs” explique-t-il au Seattle Times.

Le journal évoque par ailleurs l’utilisation grandissante d’une solution de reconnaissance d’image chargée de détecter des individus armés, dans des magasins, mais également dans les écoles et les entreprises. L’entreprise Athena Security, basée au Texas, a ainsi implanté ce dispositif au sein de la mosquée Al-Noor, dans la ville néo-zélandaise de Christchurch, après qu’une fusillade à fait cinquante morts en mars 2019.

Malgré la mise en place de telles technologies, les Etats-Unis ne vont pas encore aussi loin que la Chine, où la reconnaissance faciale est massivement déployée. En avril 2019, une enquête du New York Times évoquait l’utilisation de cette technologie par les autorités pour surveiller les Ouïghours, une minorité musulmane vivant dans le pays.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech