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Atlas, le robot de Google, a un meilleur équilibre que vous !

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De simples améliorations logicielles ont permis à ce robot sorti en 2013 de tenir plus de 20 secondes en équilibre sur une planche de 2 cm de large. Des améliorations aussi prometteuses qu’inquiétantes.

Combien de temps pouvez-vous tenir en équilibre sur une planche de seulement 2 cm de large ? Sauf à être équilibriste confirmé, pas très longtemps, mais Atlas a tenu 22 secondes ! Atlas c’est le robot phare de la société Boston Dynamics, laboratoire de recherche de robotique racheté par Google en 2013.

Présenté la même année par l’entreprise, Atlas est un robot humanoïde de 1,75 cm pour seulement 82 kg – contre plus de 150 kg pour la génération précédente. Un robot qui savait déjà marcher, porter des cartons et résister à quelques poussées. Il songe peut-être désormais à travailler dans un cirque comme le montre la vidéo repérée par Mashable.

Améliorations logicielles

La démonstration ci-dessus n’est pas (totalement) à mettre au crédit de Boston Dynamics qui a conçu le robot mais à l’Institute for Human and Machine Cognition (Institut pour la connaissance de l’homme et de la machine, IHMC), un institut de recherche d'une université de Floride, aux USA. Les équipes de recherche ont acquis un modèle d’Atlas et ont développé un algorithme de contrôle de l’équilibre. Si, comme le montre la vidéo ci-dessous, le robot avait déjà une « oreille interne » en 2014, la précédente séquence montre le chemin parcouru.

A l’époque, l’homme qui le pousse fait bien attention à exercer une poussée dans une seule direction, aujourd’hui Atlas relève un défi bien plus grand. La comparaison des performances du même robot à deux années d'écart montre bien à quel point on peut, à l’instar des ordinateurs ou des smartphones, améliorer un robot par le biais de « simples » modifications logicielles.

Très transparentes, les équipes de l’IHMC précisent bien dans la légende de la vidéo que la séquence fait partie d’un heureux hasard et qu’il s’agit du record du robot. Mais il n’empêche que la démonstration est impressionnante. Et terriblement humaine.

De plus en fort… de plus en plus inquiétant

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Entre les prouesses de son intelligence artificielle DeepMind, la maîtrise d’un flot incroyable de données, son puissant moteur de recherche et sa régie publicitaire incontournable, Alphabet – maison mère de Google – commence à faire peur. Et sa flotte de robots de plus en plus performants issus de son entreprise Boston Dynamics semblent cristalliser les craintes, puisque les parallèles avec l’entreprise fictive Skynet de la série de films Terminator reviennent dans tous les fils de commentaires concernant ses robots.

Conscient de ce fait et soucieux de son image de "gentil", Google a annoncé vouloir se séparer de cette division et serait en négociations avec Toyota. Si cela peut rassurer, très bien, mais il n’est pas certain que cela ralentisse vraiment l’innovation. Ni les menaces potentielles.

Espérons que le monde de l'ingénierie robotique n'oublie pas ces mots de François Rabelais dans Pantagruel : "[...] science sans conscience n'est que ruine de l'âme [...]."