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Après réflexion, le gouvernement belge tire un trait sur son application de traçage numérique

La Belgique avait prévu, comme la France, de lancer une application pour suivre l'épidémie de coronavirus.

La Belgique avait prévu, comme la France, de lancer une application pour suivre l'épidémie de coronavirus. - JOHN THYS / AFP

Philippe de Backer, le ministre de l'Agenda numérique belge a annoncé la suspension de tout projet d'application de "tracing", vouée à retracer les déplacements de personnes contaminées par le Covid-19.

La Belgique renonce à son propre StopCovid. Ce 23 avril, sur la chaîne VRT NWS, le ministre belge Philippe de Backer a annoncé écarter pour le moment tout développement d'une application de traçage numérique. Ces dispositifs ont vocation à envoyer une notification à tout détenteur de smartphone ayant croisé sur son chemin un porteur du coronavirus. Le tout pour l'inciter, ou non, à s'isoler.

La Belgique a été l'un des premiers pays européens à s'intéresser aux données mobile pour suivre la propagation du coronavirus. Il s'agit ainsi d'un revirement de situation notable de la part du cabinet de Philippe de Backer. Ce dernier estime que des enquêtes épidémiologiques plus classiques, dénuées de tout lien avec les données télécom, feront l'affaire.

Une efficacité limitée

"Il n'y a pas besoin d'une application pour la recherche de contacts, elle peut être effectuée manuellement et elle existe depuis des années", a-t-il ainsi indiqué auprès de la chaîne en néerlandais.

Plusieurs pays européens, la France et l'Italie en tête, planchent sur des applications de traçage numérique. Ces dernières, qui n'ont pourtant pour le moment pas été présentées sous leur forme définitive, sont controversées. Toutes nécessitent d'être massivement adoptées par la population pour être efficaces. Or, elles doivent en parallèle être téléchargées sur la base du volontariat.

Avec sa propre application, Immuni, l'Italie fait ainsi face à un dilemme: rendre l'application obligatoire, au risque d'empiéter sur la liberté et le consentement de ses citoyens; ou compter sur leur bon vouloir, au risque de voir Immuni ne pas porter ses fruits.

Ce même dilemme devrait se poser en France, avec StopCovid. Cette application est censée s'en remettre au Bluetooth des téléphones portables, afin d'évaluer les déplacements relatifs de ses utilisateurs et non leur géolocalisation précise, pour envoyer une notification en cas de risque de contamination. Elle fera l'objet d'un débat les 28 et 29 avril à l'Assemblée, puis au Sénat.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech