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Test: que vaut l'AirTag d'Apple, le boîtier qui promet de retrouver tous vos objets?

L'AirTag d'Apple

L'AirTag d'Apple - BFMTV

Apple lance l'AirTag, un petit accessoire vendu 35 euros, qui, une fois fixé à un objet, permet de le retrouver en toutes circonstances.

Attendu depuis de longs mois, l'AirTag est finalement une réalité. Concurrent du spécialiste des dispositifs de suivi Tile, l'accessoire d'Apple affiche une promesse limpide: aider son propriétaire à retrouver n'importe quel objet. Vendu 35 euros - ou 119 euros en pack de quatre -, l'AirTag est conçu pour s'arrimer à des clefs, un bagage ou un sac. Il est capable de localiser un objet à quelques millimètres près, mais aussi si ce dernier est perdu à l'autre bout du monde.

Les forces: joli, simple et précis

Comme souvent chez Apple, la simplicité est le maître-mot. C’est d’autant plus vrai avec l’AirTag que l’accessoire prend la forme d’un simple disque blanc. Au verso, on retrouve le logo de la marque sur un fond métallique. Ces objets ont vocation à être personnalisés: Apple “offre” la gravure (de quatre lettres ou d’un émoji) à tous les acheteurs. Si nous ne sommes qu’au mois de mai, nous imaginons aisément ces produits sous le sapin en fin d’année.

Les AirTags d'Apple
Les AirTags d'Apple © BFMTV

Des accessoires pour l'accessoire

En lui-même, ce disque blanc peut être accroché… à pas grand-chose. Il faudra donc le placer dans une poche de sac à dos, de valise, ou par exemple dans la boîte à gants de sa voiture. La plupart des acheteurs souhaiteront s’en servir pour retrouver leurs clefs à tout moment, ce qui impose l’achat d’un porte-clés compatible (à partir de 39 euros chez Apple, mais autour d’une quinzaine d’euros chez d’autres fabricants comme Belkin).

L’AirTag se configure en quelques secondes, pourvu que l’on ait un iPhone. Comme avec une paire d’AirPods, un menu apparaît dès que l’accessoire est détecté à proximité. Il suffit alors de lui choisir un nom, un émoji et de le lier à son identifiant Apple (et donc son compte iCloud).

Pour appréhender les capacités de l’AirTag, il faut revenir sur deux composants essentiels: un capteur Bluetooth basse consommation et une puce UWB (Ultra Wideband), bien plus précise que le Bluetooth, sollicitée pour localiser l’accessoire au millimètre près.

Interface de configuration des AirTags d'Apple
Interface de configuration des AirTags d'Apple © BFMTV
Interface de configuration des AirTags d'Apple
Interface de configuration des AirTags d'Apple © BFMTV

Retrouver un objet très près, ou très loin

Dans les cas les plus fréquents, l’AirTag sera utilisé pour retrouver un jeu de clefs oublié dans un tiroir, un sac ou une poche de manteau. C’est à ce moment que la puce UWB entre en jeu, grâce à une fonction accessible via l’application “Localiser” de l’iPhone, baptisée “Localisation précise”.

À l’aide de simples flèches, le smartphone guidera l’utilisateur pour qu’il tombe mécaniquement sur l’objet voulu. Il pourra également faire sonner l’AirTag grâce à un haut-parleur intégré.

Lors de nos divers essais, l’iPhone a mis quatre à cinq secondes pour donner une première estimation de la distance nous séparant de l’objet perdu. La suite de l’opération, grâce à l’affichage de flèches directionnelles, s’est révélée enfantine.

Mais Apple prévoit également le cas de la perte d’un objet sur une longue distance. Entre en jeu le capteur Bluetooth, mais surtout la force de l’entreprise: ses centaines de millions d’iPhone et MacBook en circulation à travers le monde. Toujours dans l’application “Localiser”, l’utilisateur peut déclarer l’objet perdu. Ce dernier dispose d’une signature Bluetooth unique, qui va alors être recherchée partout sur la planète.

L'AirTag d'Apple
L'AirTag d'Apple © BFMTV

Dès lors que celle-ci est détectée par un smartphone ou ordinateur Apple, la machine envoie sa localisation sur le compte iCloud du propriétaire. Dans un souci de protection des données personnelles, Apple chiffre les informations liées à la position de l’AirTag, et bien dissimule l’identité du propriétaire d’iPhone ou de MacBook qui a, sans le savoir, contribué à retrouver l’objet.

Il est par ailleurs possible de configurer un message - par exemple avec son numéro de téléphone - qui s’affichera sur le smartphone d’un client d’Apple approchant son iPhone de l’AirTag, grâce à un lecteur NFC. Une technologie identique à celle du paiement sans contact. Il faudra alors avoir la chance de tomber sur un individu bienveillant ayant la volonté de revenir vers le propriétaire.

Garde-fous

Cette protection de la vie privée n’est pas le seul garde-fou prévu par Apple. Pour éviter tout détournement de l’objet à des fins malveillantes, l’AirTag analyse régulièrement son environnement, afin de repérer une proximité régulière avec un iPhone qui ne serait pas celui de son propriétaire légitime.

Le but: éviter que l’appareil soit glissé discrètement dans le sac, la voiture ou le manteau d’un tiers pour le suivre à la trace. Si l’AirTag détecte une situation douteuse, il émettra un son pour alerter l’éventuelle victime d’espionnage.

Malgré nos divers essais - et ceux de nos confrères, ce système n’a jamais été mis en marche. Il est donc probable qu’afin d’éviter les faux positifs, Apple ait choisi de ne le déclencher qu’au bout de quelques jours.

La marque prend par ailleurs les devants en matière de durabilité. L’entreprise promet une autonomie d’un an - grâce à l’absence de puce GPS, bien plus gourmande en énergie que le Bluetooth ou l’UWB, avec à l’issue de ce délai un simple changement de pile. Soulignons le choix de la marque d’opter pour des piles bouton standard (CR2032), vendues moins de deux euros l’unité.

L'AirTag d'Apple
L'AirTag d'Apple © BFMTV

Si l’AirTag a le mérite d’être résistant à l’eau, il faudra en revanche accepter l’accumulation de rayures, dès lors qu’il fera office de porte-clés. Quelques-unes sont fatalement à signaler après une semaine d’utilisation.

Les faiblesses: un produit exclusif

Plutôt abordable, l’AirTag n’est pas pour autant accessible au plus grand nombre. D’abord car tout son intérêt réside dans son intégration à l’écosystème Apple, mettant de côté tous les propriétaires de smartphones Android. Ensuite, car même au sein de cet écosystème, tous ne profiteront pas de l’ensemble des fonctions.

Pour utiliser la fonction “Localisation précise”, basée sur la puce UWB, l’iPhone doit être équipé d’une puce U1. Ce qui est le cas de tous les iPhone depuis l’iPhone 11 (iPhone 11, iPhone 11 Pro, iPhone 11 Pro Max, iPhone 12, iPhone 12 mini, iPhone 12 Pro et iPhone 12 Pro Max). Les générations précédentes ne pourront profiter que des fonctions plus classiques - avec une localisation moins précise, basées sur le Bluetooth.

Notons enfin que la promesse de l’AirTag est de retrouver les objets et en aucun cas de les protéger du vol. Ce qui semble de toute façon bien difficile avec une simple lanière en cuir. On peut supposer que des accessoires tiers, par exemple des coques inviolables pour vélo, feront rapidement leur apparition.

Verdict

La promesse de l’AirTag est simple: vous aider à retrouver vos objets du quotidien, à commencer par vos clefs, à condition de disposer d’un iPhone de dernière ou avant-dernière génération. Elle est parfaitement tenue, du moins pour le public “éligible”. La technologie intégrée dans le boîtier est très efficace pour mettre la main sur tout ce qui serait égaré dans sa maison ou son appartement, au millimètre près.

Le réseau inégalé de produits Apple compatibles avec la fonction “Localiser” offre de son côté l’espoir de retrouver un objet perdu, même à l’autre bout du monde, pour peu qu’il côtoie un des appareils de la marque à un moment ou un autre.

Si l’on peut regretter le prix des accessoires, la nuée de fabricants tiers permettra d’accrocher l’AirTag à ses clefs pour un total d’une cinquantaine d’euros. Un tarif plus élevé que celui du Tile Pro (35 euros), l’un des principaux concurrents, mais qui ne propose pas de système de localisation aussi précis, ni les centaines de millions de “relais” Bluetooth que sont les iPhone pour retrouver un objet.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech