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Harcèlement des ados sur Internet: des insultes prêtes à l'envoi

L'envoi de messages d'insultes depuis un générateur automatique rencontre un succès grandissant auprès des jeunes.

L'envoi de messages d'insultes depuis un générateur automatique rencontre un succès grandissant auprès des jeunes. - -

Le harcèlement scolaire ne manque pas de se réinventer avec les dernières technologies disponibles. Dernière "mode" en date chez les adolescents: l'envoi de messages d'insultes depuis une application Internet.

C'est la nouvelle application qui cartonne chez les jeunes: un générateur d'insultes envoie à votre place un message à la prose fleurie, et qu'il est possible d'adresser à la victime de son choix. De quoi faire paniquer responsables scolaires et parents, alors qu'une grande campagne contre le harcèlement à l'école a été lancée ce mardi. Zoom sur un nouveau mode de brimade 2.0.

Nuire "à votre pire ennemi"

Le principe des applications telles que "Dans Ta Face" (DTF) ou encore "Insultron" est simple. Une fois l'une de ces applis téléchargée, il suffit de lancer le générateur automatique d'insultes pour tomber sur une phrase aussi aimable que "Tu pourrais essayer une chose stp?? Le saut en parachute sans parachute par exemple... merci". Puis de l'envoyer au destinataire de votre choix par SMS, par mail ou sur les réseaux sociaux.

Voilà donc la nouvelle façon de nuire "à votre pire ennemi" ou "de délirer avec vos amis", est-il expliqué sur l'interface de téléchargement. Une source d'inspiration sans limites, puisque DTF revendique plus de 50 millions de phrases d'insultes, des "insolites, amusantes, inédites et violentes". Oui, car la violence de certaines, que l'on ne restranscrira pas ici, sont à peine lisibles, tant celles-ci sont ordurières.

Une vulgarité et une méchanceté qui séduisent de plus en plus d'adolescents. Lancée en février 2012, l'appli, réservée aux plus de douze ans, est recommandée par des centaines d'internautes. "J'adore cette app, grâce à ça j'ai pu fermer sa gueule à mon frère", témoigne une certaine Paula sur la plateforme.

4.527 cas de cyberharcèlement en 2012

Si les commentaires des utilisateurs ne tarissent pas d'éloges à propos de l'efficacité de l'application, les familles comme les enseignants ne cachent pas leurs inquiétudes. D'après Le Parisien, un élève de 5e s'est "effondré après avoir reçu trois SMS au contenu franchement menaçant". Le collège a retrouvé sans peine l'auteur de l'envoi, un camarade de classe, puisque son numéro n'était pas masqué. Interrogé sur ces messages, l'élève a avoué ne pas comprendre ce qu'il avait envoyé, évoquant alors l'existence de ce générateur automatique d'insultes.

Vincent Peillon, le ministre de l'Education parti en croisade mardi contre le harcèlement à l'école, a annoncé vouloir "briser la loi du silence". Une loi qui reste cependant "nettement" en vigueur. Net écoute, le centre d'appels pour la protection des mineurs sur Internet, assure n'avoir jamais recensé de cas relatif à ce type de harcèlement. Selon Claude Fouquet, de Net écoute, contactée par BFMTV.com, 4.527 cas de cyberharcèlement se sont fait connaître en 2012.

Mélanie Godey