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La NASA veut imposer son système de trafic aérien des drones

Un opérateur sur le terrain lors du lancer d'un drone.

Un opérateur sur le terrain lors du lancer d'un drone. - Texas FAA UTM

L’agence américaine a réussi à gérer de façon sécurisée un essaim de 22 drones autonomes lors d’une opération extrêmement complexe. Ce qui laisse espérer le développement des livraisons par des aéronefs sans pilote.

On connaît la NASA pour ses missions et sa recherche dans les hautes sphères spatiales. L’agence américaine vient, de façon plus surprenante, de dévoiler ses ambitions en matière de contrôle aérien de basse altitude. Son but? Mettre en place carrément un système de trafic aérien des drones. Pour cela, elle vient de réaliser un test grandeur nature aux États-Unis avec la coopération de la FAA (l'administration de l'aviation américaine). Si plusieurs acteurs privés comme Amazon planchent déjà sur des systèmes de contrôle aérien pour les aéronefs sans pilote, jamais une expérimentation aussi complexe n’avait été réalisée.

Lors du test en Virginie.
Lors du test en Virginie. © Virginia Tech Institute for Critical Technology and Applied Science

Des opérateurs de la FAA étaient présents sur le terrain, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, pour superviser le décollage et l'atterrissage des engins et gérer la plateforme de recherche UTM de la NASA. Leur mission était d'y entrer les plans de vol et les opérations prévues sur plusieurs sites différents. Le logiciel a vérifié tout seul s’il n’y avait pas de conflit et enregistré toutes les contraintes.

24 drones ont volé sans encombre dans 7 états différents

Ils ont ainsi réussi à assurer le trafic sans encombre de 24 drones dont 22 qui ont volé simultanément dans plusieurs états différents (Alaska, Dakota du Nord, Nevada, New York, Virginie, Maryland et Texas), et ce, durant trois heures. Et pour complexifier le tout, une douzaine d’avions virtuels avaient été insérés dans le trafic. Cela a aussi nécessité de surveiller de près les conditions météo et notamment les risques de pluie et de vent rendant les vols dangereux. Un test très concluant donc, même s’il a été effectué au-dessus de zones rurales présentant peu de difficultés.

Jusqu’à maintenant, en-dessous de 150 mètres, le trafic aérien n’était pas contrôlé. Un terrain de jeu pour l’aéromodélisme mais aussi les drones de loisir. La multiplication des incidents est cependant en train de remettre en cause ce statu quo. D’où les recherches de la NASA et de la FAA pour contrôler aussi cette zone. Si elles y parviennent, cela pourrait permettre aussi de développer enfin les modes de livraison par drones et donc le survol des zones urbaines qui n’est pas autorisé pour le moment dans les pays déjà dotés d’une réglementation. 

Amélie Charnay