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La France s'arme d'une fédération française pour conquérir l'eSport

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- - Xavier Caré / Wikimedia Commons / CC-BY-SA

Le monde du jeu vidéo hexagonal met les bouchées doubles ces derniers mois pour rattraper son retard et ne pas rater le train des compétitions d'eSport. Une fédération nationale vient de naître.

Il suffit de parcourir YouTube quelques minutes ou de suivre avec un peu d'intérêt le jeu vidéo pour savoir que le temps des parties en réseau timide dans un garage est passé depuis longtemps. LoL, Starcraft II, Counter Strike, Call of Duty, FIFA, autant de jeux qui résonnent désormais à travers le monde grâce à des rencontres sportives, esportives, de haut niveau. 

Des compétitions d’eSport qui peuvent rassembler plusieurs milliers de spectateurs, offrir des gains importants et générer des revenus colossaux. Aussi pour structurer la pratique de cette discipline dans l’Hexagone, une fédération vient de voir le jour ce 27 avril 2016 sous l’égide d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique.

La Fédération France-eSport a pour mission de "représenter les intérêts communs des agents économiques, professionnels ou amateurs, du secteur des sports électroniques, ainsi que de développer, promouvoir, encadrer la pratique des sports électroniques dans un esprit d’équité et d’épanouissement humain, s’inscrivant dans les valeurs et les principaux fondamentaux de l’olympisme", indique l’article 1 de ses statuts.

Parmi les membres fondateurs on trouve des joueurs, des diffuseurs mais aussi des représentants des éditeurs de jeux vidéo :
- le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell) - le Syndicat national des jeux vidéo (SNJV) - Oxent (ESWC / Toornament) - Webedia Gaming (Jeuxvideo.com / Millenium) - Turtle Entertainement (ESL) - Alt Tab (O Gaming) - Malorian (Dreamhack France) - L'équipe LDLC - Futurolan, l'association organisatrice de la Gamers Assembly - Lyon E-Sport.

La création de cette fédération va permettre d’officialiser l’organisation en France de compétitions d’eSport. Jusqu’à maintenant, elles évoluaient dans un vide juridique qui faisait qu’elles étaient placées au même rang que les jeux de hasard et loteries (articles L322-1 à L322-2-1 du Code de la sécurité intérieure) et donc étaient donc illégales alors qu’elles représentent une audience grandissante. 

Des compétitions illégales

Sa première action a donc été de s’adresser aux sénateurs pour leur demander de soutenir les propositions présentées dans le rapport parlementaire de Jérôme Durain et Rudy Salles dans le cadre du débat sur l'article 42 du projet de loi numérique qui doit avoir lieu en fin de semaine. "Elles sont le fruit des échanges réalisés pendant plusieurs mois avec l'ensemble des acteurs de la filière et permettront de soutenir l'agilité et la croissance du sport électronique en France", indique la Fédération France eSports dans un communiqué.

Parmi ces propositions, que les compétitions soient exemptées du régime d’interdiction frappant les jeux d’argent, que soit créé un statut légal de joueur professionnel de jeu vidéo afin que ceux-ci puissent signer des contrats comme tant d’autres sportifs, que la signalétique PEGI, qui interdit la diffusion de certains jeux étiquetés violents, soit assouplie et que l’eSport sorte de la catégorie "publicité dissimulée" qui est actuellement la sienne au niveau du CSA.

Si l’eSport n’est pas un phénomène nouveau puisque des compétitions existent depuis les années 1990, son développement est plus récent. On estime aujourd’hui qu’il y aurait environ 850.000 pratiquants réguliers d’eSport en France et la Fédération espère bien faire de l’Hexagone un des grands pays organisateurs de compétitions aux côtés des Etats-Unis et de la Corée du Sud, où l'eSport s'offre régulièrement les prime time de chaînes nationales.