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Google veut que ses voitures autonomes conduisent... moins bien

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- - Mariordo

Les voitures autonomes s’intègrent mal dans la circulation car elles conduisent trop comme des robots, et pas assez comme des humains. Un défaut que le géant du Web veut gommer à coup d’intelligence artificielle.

Les voitures autonomes de Google respectent le code de la route à la lettre, et c’est justement pour cela qu’elles ne sont pas encore réellement adaptées à la circulation de tous les jours. Interrogés par The Wall Street Journal, les chercheurs de Google admettent que leurs voitures autonomes sont beaucoup trop prudentes et pas assez « humaines ». Elles conduisent trop comme des robots, roulant parfois trop lentement et freinant au moindre risque, comme quelqu’un qui roulerait pour la première fois dans une mégalopole étrangère.

Exemple : une voiture Google peut attendre trente secondes avant de s’engager dans une intersection, puis stopper brutalement en plein milieu car elle détecte une personne qui s’approche du bord du trottoir et qui pourrait donc vouloir traverser la route ! On voit bien que l’on est là à des années-lumière de la réalité (notamment parisienne).

Le problème, c’est que ce comportement anormal, même s’il est totalement en accord avec la loi, peut aussi provoquer des accidents. Depuis 2009, les voitures autonomes de Google ont été impliquées dans 16 accidents mineurs. Elles n’étaient responsables de ces accidents dans aucun des cas. Toutefois, dans une douzaine de cas, la voiture de Google a été emboutie par l’arrière. Certains observateurs estiment qu’un freinage peut-être trop brutal ou trop imprévisible pourrait en être la cause.

Couper une ligne continue peut, parfois, s'avérer nécessaire

C’est pourquoi les ingénieurs de Google cherchent désormais à insuffler une âme humaine à leurs voitures autonomes. Leur objectif : rendre leur conduite plus fluide quitte à être un peu moins prudentes et moins respectueuses du code de la route. Ne pas respecter totalement le tracé des lignes pointillées dans un virage n’est pas un drame si personne d’autre n’est gêné. Tout le monde le fait. De la même manière, couper une ligne continue peut s’avérer nécessaire si une voiture est garée en double file. Le respect total du code de la route signifierait qu’il faudrait attendre que cette voiture parte avant de pouvoir avancer.

Bref, l’idée est maintenant d’intégrer dans les circuits électroniques des voitures autonomes toutes ces petites libertés qui permettent de fluidifier la circulation au quotidien. Comment ? Grâce à des techniques d’intelligence artificielle appelées « deep learning » qui permettent aux voitures d’apprendre et de s’adapter avec le temps.

Source :

WSJ

Gilbert Kallenborn