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Facebook et Twitter soutiennent aussi Apple contre le FBI

Tim Cook, le PDG d'Apple.

Tim Cook, le PDG d'Apple. - JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Tim Cook vient encore de rallier de nouveaux géants de la Tech à sa cause. Toute la Silicon Valley semble faire front derrière Apple qui refuse de déchiffrer le smartphone d’un terroriste de San Bernardino.

Tous unis contre le FBI. Après Google, Whats’App et diverses associations de défenses des libertés, c’est au tour de Facebook et Twitter de se ranger derrière Apple et son refus de déchiffrer le smartphone d’un terroriste de San Bernardino. Contrairement à Google dont le PDG Sundar Pichai a pesé ses mots sur Twitter, Facebook fait preuve d’une position beaucoup plus tranchée comme on peut le voir dans cette déclaration officielle :

"Nous continuerons à nous battre de manière agressive contre les exigences faites aux entreprises pour affaiblir la sécurité de leurs systèmes. Ces demandes créeraient un précédent dangereux et entraveraient les efforts entrepris pour sécuriser leurs produits."

Le patron de Twitter Jack Dorsey y est allé, lui aussi, de son petit message de soutien :

"Nous sommes avec Tim Cook et Apple (et nous le remercions pour son leadership ", écrit-il en renvoyant vers sa lettre ouverte.

La position de Microsoft est, elle, beaucoup plus subtile. Brad Smith, le président et responsable des affaires juridiques du groupe, a tweeté une déclaration du Reform Government Surveillance (RGS) dont Microsoft est membre fondateur et qui regroupe de nombreuses sociétés comme AOL, Dropbox, LinkedIn ou Yahoo. "Les entreprises ne doivent pas être tenues de prévoir des backdoors dans les technologies qui permettent de sécuriser les informations de leurs utilisateurs", peut-on y lire. Le nom d’Apple n’est pas mentionné dans la citation mais Brad Smith y fait, lui, explicitement référence dans son tweet : 

Et il se trouve que le patron de Microsoft Satya Nadella "himself" a retweeté la petite phrase de Brad Smith. Probablement un message subliminal signifiant le soutien de Microsoft à Apple.

Steve Wozniak, figure historique de l'informatique et cofondateur d'Apple, a carrément affirmé lors d'une interview accordée à CNBC que Steve Jobs lui-même aurait procédé comme Tim Cook.

Donald Trump s'en mêle 

La polémique a même fait irruption dans la campagne des primaires américaines. Du côté des démocrates, les candidats ne se mouillent pas, Bernie Sanders et Hillary Clinton ayant déclaré hier lors d’un débat à Las Vegas qu’ils chercheraient à trouver un compromis. Ce n’est pas le cas évidemment du provocateur républicain Donald Trump. "Je suis 100% d’accord avec le tribunal", aurait déclaré l'homme d'affaires, selon le site Politico. Et à propos d’Apple "Pour qui ils se prennent ? Ils doivent l’ouvrir [l’iPhone]".

Dans la même lignée, la chaîne ultra-conservative Fox News a interpellé Apple par la voix de sa présentatrice Kimberly Guilfoyle. "Je vais retourner à BlackBerry, vous êtes nuls et vous pourriez bien être inculpés comme conspirateurs", a-t-elle déclaré. 

On attend désormais des réactions hors des Etats-Unis, l'affaire étant loin de concerner uniquement les Américains... mais tous les utilisateurs de smartphones dans le monde.

Amélie Charnay