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Des dents imprimées en 3D pour lutter contre les caries

L'impression 3D se perfectionne de jour en jour. Aujourd'hui des objets, demain, des dents.

L'impression 3D se perfectionne de jour en jour. Aujourd'hui des objets, demain, des dents. - CC BY-SA 3.0 - Politikaner

Des scientifiques seraient parvenus à créer une résine imprimable en 3D afin de modéliser des prothèses dentaires capables de contrer les attaques bactériennes sur les autres dents.

Des chercheurs hollandais de l’université de Groningen sont parvenus à créer une résine qui va rencontrer un succès fou auprès des amateurs de bonbons et autres confiseries riches en sucre! En effet, cette matière malléable mais uniquement exploitable par une imprimante 3D offre la possibilité de créer des prothèses dentaires insensibles à un très grand nombre d'attaques bactériennes. Mieux encore, les prothèses ainsi créées protégeraient les dents véritables voisines, en éliminant naturellement 99% des bactéries dentaires dès qu'elles approchent du précieux émail.

Adieu caries et autres infections bactériennes!

Baptisé "3D Printable Antimicrobial Composite Resins", le procédé vise à mettre en œuvre une toute nouvelle matière imprimable en "stéréo lithographie", qui n’est autre que le durcissement d’une résine bombardée par des UV classiques. D’après les premiers tests menés, cette matière s’insère dans une bouche humaine sans créer de désordre dans l’écosystème bactérien et en plus, augmente son potentiel d'auto-défense.

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Structurellement, cette résine est constituée d’un petit cocktail d'atomes, des sels d’ammonium quaternaires. Certains sont déjà utilisés dans des produits de grande consommation comme les désinfectants. Ils peuvent aussi servir d'agents antistatiques, dans les shampooings par exemple.

Atomiquement, les sels d’ammonium sont chargés positivement. Ils désintègrent donc les membranes chargées négativement qui protègent d'ordinaire les bactéries à l'origine des caries. Et, sans "leur couche protectrice", ces petits microbes meurent instantanément.

Des sels antibactériens polyvalents?

Est-ce l’heure de la retraite pour nos brosses à dent chéries? Non, pas encore. La résine intégrant les sels n’est encore qu’à l’état expérimental et devra passer de nombreux tests avant d'être utilisée à grande échelle par le corps médical: résistance aux assauts alimentaires sur le long terme, détérioration du matériau, etc.

Si ces derniers sont concluants, les scientifiques envisagent de décliner leur cocktail miracle dans d'autres produits liés à l'univers bucco-dentaire. Comme par exemple des dentifrices ou des pièces d'appareils dentaires pour, dans le premier cas, augmenter leur efficacité et, dans le second cas, limiter les foyers d'infections bactériennes qui peuvent se déclarer autour de leur structure.

Enfin, à plus long terme, les Hollandais espèrent pouvoir se servir de leur création pour modeler par exemple des prothèses de hanches ou de genoux, dont les propriétés pourraient limiter les risques, là aussi, d'infection. Ils pourraient même se servir du mélange de sels d’ammonium pour purifier de l’eau, les emballages alimentaires des jouets tels que les cubes à emboîter que le petit dernier adore porter à la bouche, surtout lorsqu'ils sont sales.