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Cette moelle épinière artificielle pourrait permettre à des paralysés de marcher à nouveau

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- - Université de Melbourne

Les chercheurs de l’université de Melbourne ont conçu un assemblage miniature d’électrodes qui capte les ondes émises par le cerveau et qui pourrait demain transmettre ces informations à des prothèses.

Sera-t-il possible de contrôler des prothèses artificielles comme des membres naturels ? Des chercheurs australiens de l’université de Melbourne se sont penchés sur le sujet et vont bientôt faire subir à un groupe de patients paralysés une procédure révolutionnaire afin de leur redonner de la mobilité. Au cœur de leur expérience : un petit appareil de la taille d’une allumette et portant le nom anglais de stentrode (association en français des mots électrode et endoprothèse). L’appareil se présente sous la forme d’un maillage miniature d’électrodes en forme de cigare et pourrait jouer le rôle d'une moelle épinière artificielle.

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- © Université de Melbourne

L’appareil est introduit dans un vaisseau sanguin près du cortex cérébral, la partie du cerveau en charge de la mobilité. L’objectif est de capter les signaux émis par le cerveau et de les transmettre sans fil à un exosquelette attaché aux bras ou aux jambes. Il serait ainsi possible de faire bouger l’exosquelette... par la pensée.

L’introduction de l’appareil dans un vaisseau sanguin a pour avantage de ne pas nécessiter une chirurgie complexe du cerveau, car elle s’effectue par l’aine. L'appareil est ensuite transféré près du cortex par le biais d'un cathéter.

Reste un épineux problème à gérer : il faudra embarquer un ordinateur pour décoder ces signaux électriques avec précision, et déterminer quels sont les membres et les mouvements demandés par le porteur.

Les recherches ont nécessité le concours de 39 chercheurs et 16 différents départements de l’université de Melbourne. Elles pourraient bénéficier non seulement à des personnes paralysées à la suite d'une attaque ou à une rupture de la moelle épinière, mais aussi à la lutte contre des maladies telles que Parkinson, voire d’autres troubles du cerveau.

Des premiers essais ont été réalisés avec succès sur des moutons avec un appareil de seulement 3 mm de longueur. Les tests sur le groupe de patients paralysés sont prévus pour fin 2017, pour une mise sur le marché possible dans six ans.