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"Les Etats-Unis ne pourront pas nous écraser!" prévient le fondateur de Huawei

Ren Zhengfei, fondateur de Huawei s'opposera aux sanctions de la Chine contre Apple.

Ren Zhengfei, fondateur de Huawei s'opposera aux sanctions de la Chine contre Apple. - Capture BBC

Dans un entretien avec la chaîne de télévision britannique BBC, Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, riposte aux Américains qui l'accuse d'espionnage pour le compte de Pékin. Il réplique que "l'Amérique ne représente pas le monde"

Après les explications et les justifications, Huawei a décidé de riposter fermement aux accusations d'espionnage des Etats-Unis. A quelques jours du MWC (Moble World Congress), le salon mondial des télécommunications de Barcelone, le moment est bien choisi. Dans un entretien avec la chaîne de télévision britannique BBC, Ren Zhengfei, fondateur du groupe, a donné le ton.

Il dénonce la volonté de Washington de contrer la croissance de son entreprise. "Les Etats-Unis ne pourront pas nous écraser", a déclaré Ren Zhengfei. "Le monde ne peut pas se passer de nous car nous sommes plus avancés" que la concurrence, lance-t-il comme un défi non seulement au gouvernement américains, mais aussi à ses concurrents, notamment Nokia et Ericsson.

Des liens avec les renseignements chinois

Ren Zhengfei, 74 ans, a par ailleurs jugé "politique" l'arrestation en décembre de sa fille Meng Wanzhou, la directrice financière du groupe. Accusée par Washington de complicité de fraude pour contourner les sanctions contre l'Iran, elle est en liberté surveillée au Canada, d'où elle risque une extradition vers les Etats-Unis. "Nous nous opposons à cela", a-t-il déclaré. "Mais maintenant que nous sommes engagés dans cette voie, nous allons laisser les tribunaux régler le problème."

D'ordinaire discret, Ren Zhengfei a dû sortir de l'ombre ces derniers mois face aux pressions croissantes subies par son entreprise. Celle-ci est soupçonnée dans certains pays d'avoir des liens potentiels avec les services de renseignements chinois. Elle est également la cible d'une intense campagne de Washington, qui veut convaincre ses alliés de renoncer à utiliser les équipements de Huawei.

Déploiement de la 5G

L'année dernière, plusieurs pays, dont l'Australie et les États-Unis, ont interdit à la firme chinoise de participer au déploiement de la 5G, la cinquième génération de réseaux mobiles. La Nouvelle-Zélande a, quant à elle, refusé une première demande du principal opérateur du pays pour être autorisé à utiliser des équipements du groupe chinois.

Les craintes concernant la sécurité du réseau dérivent notamment de la législation chinoise qui oblige les groupes dont le siège social est en Chine à apporter une aide technique aux services de renseignement. Le ministère américain de la Justice a par ailleurs accusé Huawei de vol de secrets commerciaux et d'avoir délibérément appliqué un système de primes pour encourager le vol de secrets technologiques d'entreprises rivales.

Ren Zhengfei s'est dit confiant quant à l'avenir de son entreprise. "Si les lumières s'éteignent en Occident, l'Orient brillera toujours", a-t-il philosophé. "L'Amérique ne représente pas le monde." "Même s'ils arrivent à convaincre davantage de pays de ne pas nous utiliser temporairement, nous pouvons toujours réduire nos effectifs et devenir plus petits."

5g: la nouvelle-zélande entrouvre ses portes à huawei

L'opérateur de télécommunications néo-zélandais Spark discute actuellement avec les autorités pour tenter d'apaiser leurs craintes concernant l'usage d'équipements du chinois Huawei pour développer le réseau 5G du pays, a indiqué mardi la Première ministre Jacinda Ardern.

En novembre, les services de sécurité néo-zélandais avaient interdit à Spark d'utiliser des équipements du géant chinois en invoquant des "risques significatifs pour la sécurité nationale", une décision qui avait mécontenté la Chine, premier partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande. "Il n'y a pas de décision finale", a précisé Jacinda Ardern. "C'est maintenant à Spark d'apaiser les craintes qui ont été formulées".

La Première ministre a ajouté que Huawei n'avait jamais été définitivement écarté du déploiement en Nouvelle-Zélande des réseaux 5G, qui permettront de décupler les accès mobiles et ultra-rapides à internet et connecter d'innombrables objets du quotidien. "Le GCSB a émis des craintes", nuance Jacinda Ardern.

Pascal Samama avec AFP