BFM Business

L'un des "robots-chiens" de Boston Dynamics repensé pour combattre le Covid-19

La start-up française Shark Robotics et le groupe américain de robotique s'associent pour faire de Spot un robot de décontamination.

Nouvelle reconversion pour Spot, le robot-chien de Boston Dynamics. Après avoir fait office de patrouilleur sur une plate-forme pétrolière, de porte-iPad dans un hôpital de Boston, de vigile en charge de la distanciation sociale dans un parc public de Singapour voire de pom-pom girl lors d'un match de baseball à huis clos, le quadrupède devrait s'atteler à un nouveau défi: venir combattre l'épidémie de Covid-19.

Comment ? Boston Dynamics a fait appel à la start-up française Shark Robotics pour doter son robot d'un kit de décontamination. La société spécialisée en robots terrestres s'était notamment illustrée lors de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en faisant intervenir l'un de ses robots, le Colossus. Ce qui lui aura valu, outre le fait d'aider les pompiers à dissiper les flammes et à faire baisser la température à l'intérieur de la nef, de susciter l'intérêt du groupe américain.

Plus léger et plus mobile

Shark Robotics a frappé un second coup en développant un urgence un robot de décontamination, le Rhyno Protect. Le kit de décontamination conçu à cette occasion, et face à la demande croissante d'entrepôts et d'entreprises du secteur industriel, viendra équiper les robots-chiens de Boston Dynamics. Il s'agit plus spécifiquement d'un système de micropulvérisation de liquide désinfectant pour les surfaces et d'un système d'épuration de l'air par lampe UV-C, qui tue les micro-organismes pathogènes en suspension.

"Les deux robots servent la même cause, la décontamination, mais dans des espaces différents. Le Rhyno Protect, en tant qu'engin chenillé assez lourd, de 200kg, peut traiter une très grande surface, jusqu'à 5000m². Le robot de Boston Dynamics, avec ses quatre pattes, peut quant à lui se faufiler là où notre robot ne peut pas aller, notamment dans les endroits confinés qui requièrent une grande mobilité, dont les cinémas, bibliothèques, écoles ou hôtels. Les deux robots sont en cela complémentaires", explique auprès de BFM Tech, Jacques Topalian, ingénieur en robotique et co-fondateur de Shark Robotics.

Dans les deux cas, il s'agit pour les robots de remplacer les agents normalement voués à la désinfection des lieux, en leur évitant d'être exposés au Covid-19.

"Le robot va reproduire ce que l'agent a fait, rejouer le même scénario et suivre le même parcours, pour automatiser par la suite le processus", complète Jacques Topalian.

Ces mêmes robots peuvent en effet fonctionner en toute autonomie ou être télécommandés à distance.

L'autonomie prévue pour le Spot est aujourd'hui de 90 minutes. La commercialisation du robot a débuté dans plusieurs pays européens. Les entreprises intéressées devront débourser l'équivalent de 85.000 dollars par modèle, soit plus de 72.000 euros.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech