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De faux candidats à l'embauche utilisent des deepfakes pour infiltrer des entreprises

illustration de deepfake par Facebook

illustration de deepfake par Facebook - Facebook

Le FBI a publié une note alertant sur un nombre grandissant de plaintes pour des usages de deepfakes lors d’entretiens d’embauche. Les faux candidats chercheraient à postuler à des postes à distance afin de piller des données sensibles aux entreprises informatiques.

Les offres d’emploi deviennent une nouvelle ressource pour les malfaiteurs. Dans une note publiée le 28 juin, le FBI met en garde sur un nombre croissant de plaintes dénonçant l’usage de deepfakes lors d’entretiens d’embauche en ligne, rapporte PCMag.

Accès aux données sensibles

Les deepfakes sont des vidéos extrêmement réalistes utilisant l’intelligence artificielle pour imiter l’apparence et la voix d’une personne. Bien que cette technologie demande un nombre important d'images d’une personne pour fonctionner efficacement, de plus en plus d’escrocs y ont désormais recours pour postuler dans des entreprises informatiques.

Depuis l’émergence des deepfakes, les craintes grandissent autour de cette pratique, souvent utilisée pour nuire à des personnalités. Ici, le centre de plainte des crimes sur internet (IC3) du FBI indique que la pratique vise des postes à distance ou en télétravail.

Une fois l'embauche effectuée, ces emplois spécifiques donnent accès aux malfaiteurs à des données sensibles. En se basant sur les plaintes reçues, le FBI pointe un accès aux données personnelles de clients, aux informations financières ou encore aux bases de données informatiques des entreprises.

Des dérives identifiées

Afin de contrer cette pratique, le bureau fédéral donne des conseils pour identifier les deepfakes. “Lors des entretiens, les mouvements des lèvres de la personne que l’on voit interrogée à la caméra ne sont pas complètement synchronisés avec l’audio de la personne qui parle, précise le FBI. Parfois, des gestes tels que la toux, l’éternuement, ou d’autres actions auditives ne sont pas alignées avec ce qui est représenté visuellement.”

En mars 2021, le FBI prévenait déjà que les deepfakes allaient devenir bien plus sophistiqués à l’avenir. Il prévoyait notamment l’utilisation de ces fausses vidéos pour des opérations d’influence depuis l’étranger dans les 12 à 18 mois à venir. Plus récemment, Europol, l’office européen de police, a lui aussi mis en garde contre une exploitation de cette technologie par le crime organisé.

Pierre Monnier