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Un cycliste innocent soupçonné de cambriolage en raison de ses données de géolocalisation

Les données de géolocalisation d'un cycliste en ont fait le suspect numéro un d'un cambriolage.

Les données de géolocalisation d'un cycliste en ont fait le suspect numéro un d'un cambriolage. - Pixabay

Le cycliste américain n'avait eu d'autre tort que de recourir à l'application RunKeeper pour suivre ses trajets en vélo. En passant trois fois à proximité d'une maison cambriolée, il est devenu le suspect numéro un de la police locale.

Comme des millions d'utilisateurs avant lui, Zachary McCoy a innocemment utilisé l'application mobile RunKeeper pour suivre ses trajets en vélo. Le service s'en remet aux données de géolocalisation du smartphone sur lequel elle est installée pour enregistrer les déplacements de son détenteur. Le cycliste a néanmoins commis, sans le savoir, une bévue: passer à trois reprises, et en moins d'une heure, à proximité d'une maison cambriolée, à Gainesville, en Floride.

Ses trajets suspects lui auront valu un mail de Google, fait savoir NBC News. La raison? La police locale a scanné les données de géolocalisation de toutes les personnes étant passées dans les environs du domicile cambriolé, pour mieux identifier le responsable. Les données de RunKeeper portant à croire que Zachary McCoy, en tant qu'utilisateur anonyme, avait pu commettre ce méfait, les autorités s'en sont remis à Google pour obtenir son identité... ainsi qu'un panorama plus large de ses activités en ligne depuis son smartphone Android, sur Gmail ou encore YouTube. 

Un coup de filet virtuel

Grâce au soutien d'un avocat dégoté à la dernière minute, Zachary McCoy a pu empêcher les autorités d'accéder à ses données Google et rendre le "mandat de clôture" lancé à son encontre "nul et non avenu". Ces mêmes mandats constituent un outil de choix pour les forces de police ne disposant a priori d'aucune piste pour identifier l'auteur d'un délit ou d'un crime.

Ils constituent l'équivalent d'un coup de filet virtuel sur les données de localisation de Google des détenteurs de smartphones étant à proximité d'une scène de crime, et viennent s'appuyer aussi bien sur les données GPS que Bluetooth ou encore liées aux connexion Wi-Fi et cellulaires. 

Ces données, qui peuvent constituer de précieux indices, peuvent tout aussi bien mener sur de mauvaises pistes et conduire à des arrestations infondées et difficiles à parer. En avril 2019 déjà, un homme a été arrêté par erreur en Arizona et emprisonné pour meurtre, en grande partie sur la base de données Google reçues à l'occasion d'un mandat de clôture, relevait à l'époque le New York Times. De l'aveu du principal intéressé, cette situation aurait tout aussi bien pu se reproduire pour Zachary McCoy, si ses propres parents n'avaient pas consenti à débourser une partie de leurs économies pour constituer une défense judiciaire. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech