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"Vous avez visité un site porno": une arnaque par mail vise des milliers d'internautes

Une escroquerie prenant la forme d'un chantage par mail a été mise en place à grande échelle depuis plusieurs semaines. Les internautes sont invités à ne pas verser d'argent aux arnaqueurs.

Pour l'heure, il est difficile de connaître le nombre de victimes. Mais depuis l'an dernier, une vaste escroquerie a visé des milliers d'internautes français, d'après l'Office central de lutte contre la criminalité liée au technologie de l'information et de la communication (OCLTIC). En cause, un mail menaçant de révéler à son entourage des accès supposés à des sites pour adultes. Les victimes sont alors invitées à verser la somme de 500 euros. D'après l'OCLTIC, les premiers messages datent de l'été dernier, mais ils se sont intensifiés depuis le début de l'année 2019.

"Un juste prix pour nos petits secrets"

"J'ai intercepté vos mots de passe", "vous avez visité un site porno", "500 euros est un juste prix pour nos petits secrets": dans son message, le pseudo-hackeur propose ensuite une adresse où payer en bitcoin - une monnaie virtuelle assurant l'anonymat du destinataire des fonds - "sous 48 heures" sinon il enverra les enregistrements "à tous vos contacts".

Toujours selon l'OCLTIC, cité par l'AFP, 10.000 signalements d'internautes ont été envoyés à l'organisme en charge de la cybersécurité en janvier 2019. Un chiffre qui représente un tiers du nombre total des signalements reçus en 2018. "Sur ces 10.000 signalements, 80% ont trait à cette arnaque", explique à l'AFP François-Xavier Masson, patron de l'OCLTIC, qui s'inquiète de l'ampleur du phénomène.

Bien qu'inquiétante au premier abord, cette tentative d'arnaque se révèle tout à fait inoffensive, pour peu que l'on n'y réponde pas. "On ne paye jamais", insiste François-Xavier Masson auprès de l'AFP. "On ne répond pas au mail, on fait un signalement sur Pharos (plateforme du ministère de l'Intérieur dédiée à la traque des contenus illicites circulant sur internet) avec les adresses mail et l'adresse bitcoin", conseille le patron de l'OCLTIC. Il est par ailleurs préférable de vérifier ses mots de passe, voire de les changer.

Raphael Grably avec AFP