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Confronté à la chute des ventes à l'étranger, Huawei se recentre sur le marché chinois

Le logo de Huawei.

Le logo de Huawei. - AFP

Selon Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, le groupe chinois prévoit une lourde chute des ventes à l'étranger de l'ordre de 50%. Pour endiguer ce recul, il compte conquérir 50% des ventes en Chine.

Pour Huawei, les ventes de smartphones vont être durement frappées par l'effet des mesures prises par Donald Trump. Dans un entretien à Bloomberg, Ren Zhengfei, fondateur du groupe chinois, annonce que les livraisons à l'étranger ont chuté de 40%. Selon Reuters, la baisse pourrait même aller jusqu'à 60%. En conséquence, le groupe va réduire sa production d'environ 30 milliards de dollars cette année et la suivante, a annoncé Ren Zhengfei.

Pour tenter de s'en sortir, le groupe veut lancer une offensive en Chine dans le but de conquérir 50% du marché. Pour le moment, Huawei en est loin, même s'il est en tête des ventes en Chine avec 27% de parts de marché devant Oppo (20%), Vivo (20%) et Xiaomi (12%).

Avec 9% de parts de marché dans le pays, c'est Apple qui pourrait faire les frais de l'offensive de Huawei sur son marché national. D'autant qu'en Chine, les ventes de smartphones baissent. Selon le cabinet Canalys, 459 à 396 millions de smartphones ont été vendus en 2018, contre 459 millions en 2017. En 2019, elles pourraient encore chuter, pour passer à 385 millions d'unités vendues.

En 2e place selon IDC

En attendant, dans le classement IDC qui vient d'être publié, la dynamique de Huawei a porté ses fruits lors du 1er trimestre 2019. Avec 13,5 millions de smartphones vendus (+66%), le groupe est le second fabricant mondial. Il a détrôné Apple (7,8 millions d'iPhone en baisse de 22,73%) et talonne Samsung (15,7 millions de smartphones en baisse de 6,82%).

Cette performance reste néanmoins très en deçà de ce que le groupe pouvait espérer. En janvier dernier, les opérateurs télécoms américains (AT&T et Verizon) ont annoncé qu’ils ne vendront finalement plus les smartphones de Huawei. Les Etats-Unis ont également interdit à leurs entreprises de fournir des technologies au groupe chinois qui pourrait devoir se passer de l'OS Android de Google, mais aussi de composants électroniques fournis par Qualcomm et Intel.

En janvier 2019, le Financial Times révélait que Ren Zhengfei avait adressé un courrier à ses cadres dès novembre 2018 pour les prévenir qu'ils devaient s'attendre au "pire". Il a même annoncé que le personnel pourrait faire les frais de la fermeture de plusieurs marchés. "Nous allons devoir nous séparer des employés médiocres et réduire les dépenses de main-d'œuvre", a prévenu l’ancien officier de l'Armée populaire de libération. Ce lundi, il se montrait plus optimiste. "En 2021, nous retrouverons notre vitalité afin de servir l'humanité", promet Ren Zhengfei.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco