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Cédric O: lever l'anonymat en ligne est un "mauvais combat"

Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique, à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2019.

Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique, à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2019. - AFP - Martin Bureau

Le Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques est venu recadrer un débat relancé à la suite de l'assassinat d'un professeur francilien. De nouvelles mesures de régulation des réseaux sociaux sont attendues.

L'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, et les questionnements qui s'en sont suivis autour de la régulation des réseaux sociaux, ne doivent servir de prétextes à de faux débats. Dans un article de blog, publié sur Medium ce 20 octobre, Cédric O est revenu sur le débat sur l'anonymat en ligne, relancé par plusieurs responsables politiques.

Pour le Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, "la question de « l’anonymat » en ligne" est tout bonnement "un très mauvais combat".

On peut avoir une appréciation personnelle sur le courage de celles et ceux qui n’osent pas assumer leurs propos. Il n’empêche que ces personnes sont, la plupart du temps, non pas anonymes mais simplement sous pseudonyme et que la police et la justice ont les moyens de les retrouver et de les sanctionner. Sans compter qu’une obligation d’identification serait non seulement aisément contournable mais aussi juridiquement très incertaine, a tenu à recadrer Cédric O.

Cédric O reconnaît par ailleurs que la loi sur la haine en ligne de la députée Laetitia Avia, vidée de sa substance par le Conseil constitutionnel mais revenue sur le devant de la scène en raison des circonstances de l'attentat, "n'aurait probablement pas permis d'éviter le drame". Les propos tenus par le père de famille à propos du professeur assassiné, n'étant pas "manifestement illicites" ne seraient en effet pas tombés sous le coup de cette loi.

"Une aberration sociale et démocratique"

D'après les premiers éléments de l'enquête, les réseaux sociaux ont néanmoins bien eu leur rôle dans l'assassinat perpétré la semaine passée. Dans ces conditions, Cédric O souligne la nécessité d'une "mise à jour de notre arsenal juridique mais aussi de notre logiciel institutionnel". Cette dernière est attendue ces prochaines semaines, par le biais d'une nouvelle loi et devrait également venir s'inscrire dans des discussions menées à l'échelle européenne, dans le cadre du "Digital Services Act".

"Les réseaux sociaux doivent être régulés pour ce qu’ils sont : de formidables accélérateurs de diffusion qui propagent et amplifient les contenus les plus viraux — malheureusement souvent les plus nocifs car les plus rémunérateurs", explique Cédric O. A ses yeux, l’opacité du fonctionnement de leurs algorithmes et de leur modération ne constitue rien de moins qu'une "aberration sociétale et démocratique".

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech