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Bruxelles lance deux enquêtes pour pratiques anti-concurrentielles contre Apple

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d55/f97d9a09c6da72668363fad1ef990 - Emmanuel DUNAND-AFP

La Commission européenne ouvre des enquêtes sur Apple soupçonné d'avoir enfreint les règles européennes en matière de concurrence avec son service de paiement mobile Apple Pay d'une part, et sur la musique en ligne d'autre part.

Bruxelles se penche sur les pratiques d'Apple en matière de concurrence. La Commission européenne a annoncé ce mardi lancer une enquête sur l'App Store, le magasin d'applications d'Apple, où le groupe mettrait en avant ses propres services au détriment de ceux de concurrents. Une autre enquête portera, elle, sur le système de paiement mobile de l'entreprise de Cupertino, Apple Pay. 

La première enquête fait suite à une plainte du géant suédois de la musique en ligne, Spotify, qui accuse Apple d'abuser de sa position dominante sur le marché du streaming, et d'une autre plainte d'un éditeurs de livres électroniques et audio. Réagissant immédiatement à ces annonces ce mardi, Apple a estimé que ces enquêtes reposaient sur "des plaintes infondées". 

"Nous devons veiller à ce que les règles d'Apple ne faussent pas la concurrence sur les marchés où cette entreprise est en concurrence avec d'autres développeurs d'applications, par exemple avec son service de diffusion de musique en continu Apple Music ou avec Apple Books", précise Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence, dans le communiqué de Bruxelles.

Apple Pay mis en avant dans les applis de l'App Store?

A propos de la deuxième enquête, celle sur Apple Pay, la Commission dénonce "les modalités, conditions et autres mesures imposées par Apple pour l'intégration d'Apple Pay dans les applications commerciales et les sites web commerciaux sur les iPhones et les iPads".

"Il apparaît qu'Apple fixe les conditions de l'utilisation d'Apple Pay dans les applications et sur les sites web des commerçants", détaille ainsi Margrethe Vestager dans le communiqué dédié

Autre problème : le fait que le groupe "réserve également la fonctionnalité “tap and go” des iPhones à Apple Pay". Concrètement, la firme qui a développé cette fonction technique qui permet de payer en un geste pour tout ses appareils, en réserverait l'usage à sa seule solution de paiement, pas à celles des concurrents. 

Apple Pay permet aux utilisateurs d'iPhone et d'iPad de régler leurs achats dans des applications, sur des sites de e-commerce et dans les magasins physiques avec leur appareil. Mais la Commission, qui a mené une enquête préliminaire sur ce sujet, craint que la politique d'Apple concernant Apple Pay "ne puissent fausser la concurrence et réduire le choix et l'innovation".

Bruxelles prévient donc qu'elle va mener des enquêtes approfondies. Si ses soupçons sont avérés, le groupe américain pourrait devoir s'acquitter de sanctions financières. En mars dernier, Apple a été condamné a plus de 1 milliard d'euros d'amende, déjà pour des pratiques anti-concurrentielles, mais par l'autorité de la concurrence française. Le groupe avait annoncé son intention de faire appel. 

Nina Godart