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700.000 départs: ce que nous disent les opérateurs mobiles de l'exode parisien au début du confinement

Les données des opérateurs mobiles ont permis d'évaluer précisément les mouvements de population.

Les données des opérateurs mobiles ont permis d'évaluer précisément les mouvements de population. - GEOFFROY VAN DER HASSELT

L'Insee estime, grâce aux données récoltées auprès d'Orange, Bouygues et SFR, que près de 700.000 personnes ont quitté Paris au début du confinement.

Ils ont quitté Paris pour leur résidence secondaire, pour vivre le confinement en famille ou tout simplement pour retrouver leur domicile. L'ampleur de l'exode parisien vient d'être mesurée de façon définitive par l'Insee, à partir de données agrégées des trois opérateurs mobiles, Orange, Bouygues et SFR (groupe Altice, également propriétaire de BFMTV). Tous trois ont en effet pu mesurer les déplacements de leurs abonnés, de façon anonymisée.

Les opérateurs sont capables de localiser un téléphone en temps réel, sans accéder pour autant aux données GPS. Pour passer un appel, chaque appareil - identifiable entre autres par sa carte SIM - se connecte à une antenne-relais. En quelques secondes, l’opérateur peut savoir à quelle antenne un appareil est connecté, et déterminer la position de cette dernière. 

En tout, près de 700.000 personnes ont fui la capitale. Près de 450.000 de ses résidents l'ont quittée mi-mars, aux prémisses du confinement. À ces Parisiens s'ajoutent 260.000 touristes ou habitants des départements d'outre-mer de passage en région parisienne. Sans compter les personnes dépourvues de téléphone mobile, qui ne peuvent entrer dans les estimations de l'Insee.

Rien de tel depuis mai 68

Les données récoltées auprès des opérateurs mobiles permettent d'aller encore plus avant dans le détail. Sur les 450.000 Parisiens ayant quitté la ville, 208.000 étaient domiciliés à Paris, pour 242.000 étant encore rattachés à un domicile hors de la ville. Ainsi des étudiants ou jeunes actifs qui gardent pour adresse administrative celle de leurs parents.

Cet exode, d'une ampleur inédite, s'avère encore plus massif en prenant en compte les départs des résidents des Hauts-de-Seine. Ce département, au niveau de vie plus élevé que les départements voisins, a accusé un nombre de départs record, de 67.000 personnes. Jamais la région parisienne ne s'était autant vidée dans une telle proportion depuis 1968, voire la Seconde guerre mondiale, rappellent Les Echos.

En proportion, l'Île-de-France reste la région française la plus désertée lors de ce confinement. Elle l'aura essentiellement été pour les Yvelines, le Calvados, la Gironde, les Charentes-Maritimes, le Var et la Seine-et-Marne. Et certains de ces Parisiens ont choisi de prolonger leur séjour dans ces départements. Seuls 60.000 d'entre eux, sur les 450.000, sont revenus à Paris jusqu'au 1er juin.

Fin mars, dans les tous premiers jours du confinement, Orange avait compilé les données liées aux déplacements des Parisiens et Franciliens. Stéphane Richard, son PDG, évaluait alors l'exode de la région parisienne à plus d'un million de personnes en une seule semaine. Soit 17% de la population totale du Grand Paris. Pour rappel, les données d'Orange brassent large: l'opérateur compte près de 25 millions d'abonnés.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech