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Pas de ski début février: Laurent Wauquiez dénonce "un potentiel cataclysme"

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez - AFP

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes reproche au gouvernement d'avoir entretenu de "faux espoirs" concernant la réouverture des stations de ski.

Le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a déploré jeudi la non-réouverture des remontées mécaniques des stations de ski début février, annoncée la veille par le gouvernement, en dénonçant un "cataclysme potentiel pour des dizaines de milliers d'emplois".

"L'impact des décisions que nous avons apprises hier est catastrophique, ces décisions représentent potentiellement un cataclysme pour des dizaines de milliers d'emplois dans notre pays", a déclaré Laurent Wauquiez lors d'une séance de voeux à la presse en visioconférence.

"La réalité de la montagne, ce sont souvent des gens très modestes dont les salaires dépendent de ces quelques mois pendant lesquels ils travaillent de façon acharnée (...) Ce qu'ils demandent, ce n'est pas des aides, mais du travail", a-t-il insisté, en relevant également que "des gens qui ont investi risquent de tout perdre".

Mercredi, le secrétaire d'État au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne a annoncé que les remontées mécaniques des stations de ski "ne rouvriront pas le 1er février" et a admis qu'au vu de la situation sanitaire le secteur s'orientait vers "une saison blanche".

120.000 emplois en péril

Selon les élus de la montagne, la décision de l'exécutif met en péril 250 stations, 120.000 emplois et 9 milliards d'euros de recettes pour le pays.

Laurent Wauquiez, qui est à l'origine d'une saisine en décembre du Conseil d'Etat contre la décision du gouvernement de fermer les remontées mécaniques pour les fêtes de Noël, a regretté que le gouvernement ait "entretenu de faux espoirs" chez les acteurs de la montagne, dont il dit comprendre "la colère et l'amertume".

"On n'a pas permis à la montagne d'anticiper, on a repoussé sans cesse de semaine en semaine, sans qu'aucun engagement pris n'ait été tenu", a-t-il affirmé. "Aujourd'hui il y a le sentiment que cette décision avait déjà été prise avant Noël et qu'on aurait gagné beaucoup de temps en annonçant cette mesure à Noël, ce qui aurait permis aux acteurs de la montagne d'anticiper".

Pour "protéger les acteurs de la montagne et éviter la destruction de milliers d'emplois", le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, "qui représente 80% de l'énergie" économique de la montagne selon lui, a demandé "d'urgence la tenue d'une réunion de crise autour du Premier ministre, des ministres concernés et de toutes les composantes de la montagne".

Au niveau régional, Laurent Wauquiez va également organiser une conférence de crise dès la semaine prochaine pour établir un diagnostic et définir un plan de crise pour la montagne.

CB avec AFP