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"Il a des sensations": la femme du premier patient greffé des deux bras et des épaules donne de ses nouvelles

L'Islandais, qui a subi le 13 janvier une opération inédite de 15 heures à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon, sera encore hospitalisé trois semaines avant d'attaquer la rééducation.

L'opération a duré pas moins de 15 heures. Le 13 janvier, un Islandais de 48 ans recevait à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon une greffe des deux bras et des deux épaules. Moins de dix jours après cette prouesse médicale -une première mondiale-, Sylwia Gretarsson a fait le point sur l'état de santé de son époux Felix, au micro de BFMTV.

"Il va très bien, a-t-elle assuré. Il a retrouvé sa chambre ce matin. Il n’est plus en réanimation. (...) Tout se passe bien même s'il a beaucoup de douleurs. Ces douleurs vont encore l’accompagner pendant un certain temps. Tout ça, c’est normal, ça fait partie du processus."

"Il a beaucoup de sensations, poursuit Sylwia Gretarsson. En tant qu’amputé, il avait des douleurs fantômes. Rapidement après l’opération, il a retrouvé les douleurs fantômes mais dans les bras."

Le chemin est encore long

Si les nouvelles sont rassurantes, le chemin est encore long pour le quadragénaire. "Chaque jour, il voit les kinés, qui mobilisent ses bras, ses doigts, et il arrive à avoir quelques sensations au niveau de la partie haute de ses bras, détaille son épouse. Mais bien sûr, on va attendre longtemps avant qu’il ait des sensations plus importantes. Pour nous, c’est vraiment une grande raison pour se réjouir même si c’est très peu pour l’instant".

Il est prévu que l'Islandais passe encore un minimum de trois semaines à l'hôpital. Ensuite s'enclenchera un cycle de rééducation d'une durée de deux ans. Pas de quoi effrayer cet ancien électricien, amputé à l'âge de 23 ans après une électrocution et "une chute de plus de dix mètres", qui attendait cette opération depuis dix ans.

Après son accident, son mari souffrait de "beaucoup de fractures des vertèbres" et a été plongé dans un coma artificiel "pendant trois mois, se souvient sa femme. "Les bras ont été amputés le lendemain de son accident. Tout ça a été suivi de 54 opérations et des années d’hospitalisation".

"Son obsession"

Mais "rapidement, il a commencé à chercher s'il pouvait retrouver les bras". "C’était vraiment devenu son obsession", souligne-t-elle, c'est pourquoi l'intéressé a contacté des hôpitaux dans plusieurs pays pour savoir si cela était envisageable.

L'Islandais n'a reçu que des réponses négatives. Seul le professeur lyonnais Jean-Michel Dubernard lui a redonné espoir. "Il s’est installé à Lyon puisque l’équipe médicale lyonnaise, c’était les seules personnes qui ont décidé de découvrir si cette opération allait être possible", rembobine Sylwia Gretarsson.

L'opération réalisée le 13 janvier a notamment impliqué des équipes de la Clinique du Parc (Lyon), de l'Hôpital Nord-Ouest (Villefranche-sur-Saône), de l'Hôpital privé Jean-Mermoz (Lyon) et du Médipôle Lyon-Villeurbanne.

En 1998, c'était déjà à Lyon et déjà sous la houlette du Pr Jean-Michel Dubernard qu'avait été réalisée une première greffe de la main, puis une autre des deux mains et de la partie inférieure des avant-bras en janvier 2000. La première greffe des deux bras avait eu lieu en 2008, en Allemagne. Mais jamais une opération n'avait concerné deux bras et deux épaules.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions